La plupart des morts de Gaza étaient des civils non combattants

Communiqué de presse d’Al Mezan (28 12 2008), jeudi 1er janvier 2009

Dans l’une de ses opé­ra­tions mili­taires les plus san­glantes, les Forces d’Occupations Israé­liennes (FIO) ont lancé une opé­ration de frappes aériennes de grande échelle contre la bande de Gaza. Des dizaines de cibles ont été atta­quées simul­ta­nément depuis les airs avec des mis­siles puis­sants et des bombes.

Pour la plupart, ces frappes ont ciblé des ins­tal­la­tions des forces de police et de sécurité partout dans la bande de Gaza, où la densité de popu­lation est extrême. Ceci indique à quel point les FIO méprisent la vie et le bien-​​être des civils. Plus de 900 per­sonnes ont été tuées ou blessées, essen­tiel­lement des non-​​combattants. Le nombre élevé de morts [lors du premier jour de frappe, ndlt] vient de l’heure choisie pour les frappes, qui coïn­cidait avec l’alternance des groupes sco­laires, alors que des dizaines d’enfants était en chemin de ou vers leur école [faute de moyens, les enfants ne vont à l’école qu’une demie-​​journée par jour, les uns le matin, les autres l’après midi, ndlt]. Sept étudiants du Centre d’Enseignement Pro­fes­sionnel de l’UNRWA (l’agence des Nations Unies pour les réfugiés pales­ti­niens) à Gaza ont aussi été tués au cours de l’une des frappes sur Gaza City.

Selon l’enquête d’Al-Mezan, samedi 27 décembre 2008 à environ 11 :30, l’armée de l’air israé­lienne a lancé une séries de frappes coor­données visant des dizaines de postes de police, de sécurité et autres immeubles à travers la bande de Gaza. La pre­mière vague a duré moins de cinq minutes, durant les­quelles 100 mis­siles et bombes ont été lar­guées sur Gaza. L’une des frappes les plus impor­tantes visait le com­plexe de police Arafat, ; proche de plu­sieurs écoles de l’UNRWA. Des dizaines de per­sonnes ont été tuées dans cette attaque, dont des dizaines de jeunes hommes qui sui­vaient un entraî­nement pour entrer dans la police. En outre, le colonel général Tawfik Jabir, directeur général de la police dans la bande de Gaza, et le capi­taine Ahmed al-​​Jabari, directeur de l’appareil de pro­tection et de sécurité, ont aussi été tués dans cette attaque.

Les frappes des FIO ont été d’une férocité sans pré­cédent. Des postes de police dans des zones den­sément peu­plées ont été atta­quées, les détruisant, infli­geant de grave dom­mages à des dizaines d’écoles et de maisons, et tuant des dizaines de civils dont des enfants et des per­sonnes âgées.

Les frappes ont continué toute la nuit, visant des maisons et des immeubles civils, y compris des puits, des ate­liers arti­sanaux, des mos­quées et des ins­tal­la­tions de com­mu­ni­cation. Le gardien d’un puits et trois employés de la Société de Télé­com­mu­ni­cation Pales­ti­nienne ont été tués dans le nord de la bande de Gaza. Deux autres hommes sont morts lors d’une frappe qui visait la mosquée al-​​Borno, près de l’hôpital al-​​Shifa à Gaza City. L’hôpital a été endommagé au cours de cette frappe. En outre, les FIO ont visé des prisons, y compris aujourd’hui à midi, la prison al-​​Raraya, la prin­cipale prison de Gaza. Des rap­ports pré­li­mi­naires indiquent que des gar­diens et des pri­son­niers ont été tués et blessés.

Par dessus le marché, des dizaines de maisons ont été détruites, de même que de nom­breuses écoles et cli­niques dépendant de l’UNRWA ou du gou­ver­nement. Des bureaux du gou­ver­nement local et des véhi­cules ont aussi été détruits. L’enquête pré­li­mi­naire d’Al-Mezan indique qu’au moins 257 per­sonnes ont été tuées dans ces frappes aériennes durant les der­nières 24 heures. Parmi celles-​​ci, la très grande majorité sont des non-​​combattants et des civils ; parmi eux, 20 enfants, 9 femmes et 60 civils. La plupart des autres tués sont des membres de la police civile qui se trou­vaient dans leurs bureaux ou qui s’entraînaient. Au moins 597 per­sonnes ont aussi été blessées, dont 35 enfants dans un état cri­tique. Al Mezan pense que le nombre de décès connus va aug­menter, car beaucoup de familles ont enterré leurs morts sans les déclarer dans les hôpitaux. En outre, des dizaines de per­sonnes hos­pi­ta­lisées sont entre la vie et la mort. Et des dizaines de per­sonnes plus légè­rement blessées n’ont pas été admises à l’hopital et ne sont donc pas comp­ta­bi­lisées. Tandis que les frappes aériennes conti­nuent, les vic­times sont plus en plus nom­breuses. Ce qui fait de cette opé­ration l’une des plus san­glantes, et des plus cri­mi­nelles des actions mili­taires à Gaza des quelques der­nières décennies.

Cette escalade arrive à la suite d’une dété­rio­ration sans pré­cédent des condi­tions huma­ni­taires à laquelle est confrontée le 1,5 million d’habitants de Gaza, due au siège her­mé­tique qui empêche tout accès à la nour­riture, aux médi­ca­ments et à l’énergie. Les Gazaouis ont par­ti­cu­liè­rement souffert de cou­pures d’eau, de gaz pour la cuisine et de denrées ali­men­taires. Le siège a aussi eu un impact sur la capcité des hopitaux à fonc­tionner avec un manque sévère de médi­ca­ments et d’équipements. La prise en charge du très grand nombre de morts et de blessés en si peu de temps a été par­ti­cu­liè­rement pro­blé­ma­tique, tout spé­cia­lement pendant la pre­mière heure qui a suivi la pre­mière vague d’attaques d’hier. Le Centre Al Mezan pour les Droits Humains condamne dans les termes les plus forts l’escalade mili­taire cri­mi­nelle des FIO dans la bande de Gaza, qui s’attaque de façon indis­cri­minée aux civils et à leurs biens, et qui viole de façon fla­grante les règles du droit inter­na­tional huma­ni­taire, ce qui est un crime de guerre. Al Mezan condamne tout par­ti­cu­liè­rement les attaques des FIO contre des cibles civiles où des enfants et des civils inno­cents ont été tués et mutilés, malgré les moyens tech­no­lo­giques avancés que les FIO emploient pour sur­veiller la bande de Gaza.

Al Mezan sou­ligne que les poli­ciers, qui ne prennent part à aucune hos­tilité, ne sont pas consi­dérés en droit huma­ni­taire inter­na­tional comme des cibles mili­taires légi­times, et ne doivent pas être déli­bé­rement visés.

Il sou­ligne en outre qu’Israël doit res­pecter les règles du droit inter­na­tional, quelles que soient les cir­cons­tances, en par­ti­culier lorsqu’il s’agit d’usage de la force. Une réaction à des tirs de roquettes ne peut en aucun cas jus­tifier la per­pé­tration de graves vio­la­tions du droit huma­ni­taire inter­na­tional, c’est-à-dire de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Al-​​Mezan s’inquiète du silence per­sistent de la com­mu­nu­tauté inter­na­tionale face à cette escalade qui ne peut qu’encourager Israël à de nou­velles esca­lades. Al Mezan appelle la com­mu­ni­tauté inter­na­tionale à inter­venir d’urgence pour pro­téger la popu­lation civile en accord avec ses obli­ga­tions légales et morales selon le droit international.

Une inter­vention inter­na­tionale est néces­saire d’urgence puisque les attaques des FIO sur Gaza continuent.