La paix est possible, mais pas par le chemin de Obama-​​Netanyahu

Résolution du Comité Central du parti Communiste d’israël, jeudi 9 septembre 2010

« La clé du succès pour n’importe quelles négo­cia­tions poli­tiques est la volonté du côté israélien de mettre fin à l’occupation et enlever les implan­ta­tions pour per­mettre la création d’un état pales­tinien avec sa capitale à Jéru­salem Est, à côté d’Israël, dont la capitale est à Jérusalem-​​ouest », insiste le Comité Central du CCPP dans sa 12ème session, qui a eu lieu à Haifa le 3 sep­tembre 2010.

La céré­monie inau­gurale des négo­cia­tions directes entre le gou­ver­nement Neta­nyahu et l’OLP, appa­remment était utile au Pré­sident amé­ricain Obama sur le plan diplo­ma­tique et poli­tique pour donner un élan aux élec­tions légis­la­tives de novembre. Néan­moins, il ne semble pas que les négo­cia­tions rafis­tolées entre le Premier ministre Neta­nyahu et le Pré­sident de l’OLP Mahmoud Abbas débou­cheront sur un accord de paix.

Le CCPP continue à sou­tenir la solution d’une paix juste, et la sta­bilité grâce à des négo­cia­tions sur la base des réso­lu­tions de L’ONU , sur la fin de l’occupation israé­lienne et sur la recon­nais­sance du droit des Pales­ti­niens à la sou­ve­raineté et l’indépendance des ter­ri­toires occupés en 1967. L’expérience des 17 ans passés depuis la signature des Accords d’Oslo nous a appris que sans accord préa­lable sur un calen­drier sur les négo­cia­tions et leur but – la création d’un Etat pales­tinien avec sa capitale à Jéru­salem Est et la réso­lution de toutes les ques­tions sur le statut final, y compris la question des réfugiés – les négo­cia­tions n’ont aucune chance d’aboutir à la fin du conflit.

Le gou­ver­nement de droite mené par Neta­nyahu est inté­ressé par les négo­cia­tions directes comme le moyen de sortir du trou qu’il s’est lui-​​même creusé dans l’opinion publique inter­na­tionale vis-​​à-​​vis de la Guerre de Gaza (2008÷9) et la mise à mort cri­mi­nelle des pas­sagers à bord de la flot­tille de soli­darité de Gaza. Neta­nyahu considère aussi que le progrès apparent aidera les EU dans leur pression sur les Etats arabes pour qu’ils rejoignent l’offensive coa­lisée contre l’Iran, qui est un objectif stra­té­gique américano-​​israélien. Ce dont est dépourvu le gou­ver­nement de Neta­nyahu , comme en témoigne clai­rement la décla­ra­tions du ministre des Affaires Etran­gères Avigdor Lie­berman et d’autres ministres, c’est la volonté pour déman­teler les implan­ta­tions et en finir avec l’occupation.

Neta­nyahu et son gou­ver­nement refusent sur le fond non seulement les prin­cipes de retrait de tous les ter­ri­toires occupés en 1967, le déman­tè­lement des implan­ta­tions et la solution de la question des réfugiés en conformité avec les réso­lu­tions de L’ONU, mais ils se pré­parent à reprendre les construction dans les implan­ta­tions à la fin de la période de gel actuelle. Et comme si ce n’était pas assez, ils exigent comme condition préa­lable pour n’importe quel progrès dans le sens d’un accord, que la direction pales­ti­nienne recon­naisse l’annexion de ter­ri­toires en Israël et « le caractère juif » de l’état israélien, grâce auquel ils pré­tendent refuser des droits civils et nationaux égaux pour la popu­lation arabe en Israël.

Nous Com­mu­nistes israé­liens, Juifs et Arabes, nous aver­tissons que les posi­tions de Neta­nyahu et ses exi­gences, sou­tenues par l’administration d’Obama, ne mèneront pas à un traité de paix, mais à une autre guerre. Les pro­vo­ca­tions de l’armée israé­lienne à la fron­tière du nord et dans la Bande de Gaza, la course aux arme­ments accé­lérée et les manoeuvres diverses, tout indique des pré­pa­ratifs d’une offensive mili­taire contre des objectifs proches (le Liban, la Syrie) et lointain (l’Iran).

Beaucoup de voix pales­ti­niennes se sont élevées en cri­ti­quant le Pré­sident Abu-​​Mazen, qui a hésité face aux menaces de l’administration d’Obama de bloquer toute l’aide écono­mique et à décidé de rejoindre les pour­parlers. La gauche pales­ti­nienne a publié une pro­cla­mation impor­tante et claire appelant à s’abstenir, dans les cir­cons­tances actuelles, de par­ti­ciper aux pour­parlers patronnés par les États-​​Unis et aver­tissant que ceux-​​ci affai­bliront l’Autorité palestinienne.

Le CCPP apporte sa soli­darité aux forces de gauche pales­ti­niennes, qui luttent et mènent le combat pour en finir avec l’occupation et pour aboutir à une paix juste et stable et qui exigent que l’Autorité pales­ti­nienne prenne une position ferme sur le retrait com­plète d’Israël des ter­ri­toires occupés en 1967.

Le CCPP fait appel à ceux qui veulent la paix en Israël, Juifs et Arabes, pour lutter ensemble contre le gou­ver­nement de droite de Neta­nyahu et sa poli­tique désas­treuse et pour une paix israélo-​​palestinienne sans occu­pation ou annexion.

Le CCPP salue le courage des nom­breux per­sonnels de théâtre, des auteurs et des savants qui ont déclaré leur refus de se pro­duire dans l’implantation d’Ariel, comme dans toute autre implan­tation et qui ont fait appel aux direc­tions de leurs théâtres pour tra­vailler seulement en Israël. Cette résis­tance contribue à l’effort pour en finir avec l’occupation et pour déman­teler les implan­ta­tions, qui sont un obs­tacle pour une vie de paix et des bonnes rela­tions amicales.

Les ten­ta­tives hys­té­riques de ministres gou­ver­ne­mentaux, de députés de droite (les membres de la Knesset – le Par­lement israélien) et des orga­ni­sa­tions proto-​​fascistes pour ter­ro­riser les pro­fes­sionnels du théâtre et des artistes et menacer de renvoi et de retrait de finan­cement des uni­ver­si­taires cri­tiques, montre à quel point il existe un lien fort entre la défense de la démo­cratie et de la liberté de pensée et la nécessité de mettre fin à l’occupation des ter­ri­toires palestiniens.

Le Comité Central du CCPP dénonce la cam­pagne d’intimidation contre des pro­fes­sionnels de théâtre, des artistes et d es uni­ver­si­taires, aussi bien que les arres­ta­tions en cours de ceux qui résistent aux dépos­session et implan­tation dans Sheik Jarrah et Silwan à Jéru­salem Est.

Escalade dans la politique de dépossession

Les démo­li­tions cachées répétées du village d’Al-’Araqib dans le Néguev, entraînant la spo­liation et l’exhibition de ses rési­dents, sont une expression de la poli­tique raciste de dépos­session en voie d’intensification , le manque de respect pour des droits fon­da­mentaux de l’Homme et la puri­fi­cation ethnique.

Des "égali­ta­ristes" arabes et juifs ont formé une oppo­sition mili­tante aux démo­li­tions, en aidant à la recons­truction du village. Le CCPP est fier de leur action et les félicite.

Le CCPP dénonce les démo­li­tions, les bru­ta­lités poli­cières et l’arrestation et la pro­cédure judi­ciaire contre des com­bat­tants pour la paix et l’égalité – parmi eux Ayman ‘ Odeh, le Secré­taire de Hadash (le Front Démo­cra­tique pour la Paix et l’Égalité).

Le CCPP réitère son soutien au droit d’abri et au droit des Arabes Bédouins de vivre sur leur terre. Le bureau poli­tique du CCPP demande aux organes du parti de continuer leurs actions de soli­darité avec les rési­dents d’Al-’Araqib, de ras­sembler des fonds pour eux et faire tout ce qu’ils peuvent pour sou­tenir la recons­truction du village.

Le dixième anniversaire des événements d’octobre 2000

Une décennie est passée depuis que la police et le per­sonnel des garde-​​frontière ont tué 13 citoyens pales­ti­niens par des balles israé­liennes après que ceux-​​ci eurent pro­testé contre l’oppression des Pales­ti­niens. Dix ans ont passé, mais les exé­cu­tants et les res­pon­sables des mises à mort ne sont pas passés en jugement et les conclu­sions impor­tantes de la com­mission d’enquête avec à sa tête le Juge Theodor Orr n’ont pas été mises en oeuvre.

Le Comité Central sou­tient la décla­ration d’une grève générale de la popu­lation arabe pour com­mé­morer le dixième anni­ver­saire des événe­ments d’Octobre et pour mettre en évidence la lutte contre la dépos­session et contre toutes les formes de dis­cri­mi­nation, y compris la dis­cri­mi­nation bud­gé­taire contre des conseils locaux arabes.

Le Comité Central demande aux organes du parti et de la Jeu­nesse com­mu­niste de mobi­liser leurs forces pour le succès de la mani­fes­tation juif-​​arabe qui aura lieu à Nazareth le 2 octobre, pour marquer le dixième anni­ver­saire des événe­ments d’Octobre et appelant à la lutte commune contre le danger de fas­cisme et réclamant un avenir d’égalité. Le Comité Central demande aussi que des événe­ments sem­blables soient orga­nisés dans d’autres villes.