La « paix économique » de Netanyahu à l’épreuve des télécoms palestiniens

l’Orient le Jour, samedi 5 septembre 2009

En vio­lation de ses enga­ge­ments, Israël entrave l’émergence d’un second opé­rateur de télé­phonie mobile palestinien.

Des limi­ta­tions imposées par Israël risquent d’empêcher l’émergence d’un nouveau réseau de télé­com­mu­ni­ca­tions pales­tinien et de porter un coup dur à la « paix écono­mique » prônée dans les Ter­ri­toires par le Premier ministre Ben­jamin Neta­nyahu [1]].

Les res­pon­sables du réseau Wataniya Mobile qui aspire à devenir le second opé­rateur mobile dans les ter­ri­toires pales­ti­niens, affirment qu’ils ne seront pas en mesure de com­mencer à pro­poser leurs ser­vices si Israël ne res­pecte pas son enga­gement à libérer une fré­quence suf­fi­samment puis­sante d’ici à la mi-​​septembre. L’échec de cet ambi­tieux projet consti­tuerait un revers cuisant pour les efforts inter­na­tionaux déployés pour relancer l’économie pales­ti­nienne en Cis­jor­danie et aider à une reprise du pro­cessus de paix israélo-​​palestinien.

« C’est une gifle pour tous ceux qui veulent pro­mouvoir une paix écono­mique », explique Sam Bahour, un homme d’affaires américano-​​palestinien et l’un des fon­da­teurs de PalTel, la pre­mière com­pagnie pales­ti­nienne de télé­com­mu­ni­ca­tions fondée dans les années 1990. Un contrat signé en juillet 2008 par Israël et les Pales­ti­niens prévoit que l’État hébreu libère en mars une bande de fré­quence de 4,8 méga­hertz (MHz) en faveur de la nou­velle com­pagnie, selon une copie du document obtenue par l’AFP.

Mais jusqu’à présent Israël n’a mis à la dis­po­sition de Wataniya que 3,8 MHz, ce qui est insuf­fisant pour com­mencer à opérer, selon les diri­geants de la société conjointe formée par Wataniya Telecom of Kuwait, dont la majorité du capital est détenue par Qatar Telecom (Qtel). Pressée par le temps, Wataniya a annoncé que si elle n’obtenait pas les fré­quences néces­saires un mois avant le lan­cement du réseau, prévu à la mi-​​octobre, la société récla­merait des « dédom­ma­ge­ments finan­ciers » au ministère pales­tinien des Télécommunications.

Ces indem­nités pour­raient coûter des cen­taines de mil­lions d’euros à l’Autorité pales­ti­nienne dont les finances dépendent de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Une situation qui irait à l’encontre des pro­messes de M. Neta­nyahu qui a maintes fois dit qu’il sou­haitait encou­rager une « paix économique ».

Le ministère israélien des Com­mu­ni­ca­tions a confirmé n’avoir fourni que 3,8 MHz à Wataniya. « C’est suf­fisant pour assurer les besoins de départ. À l’avenir, le gou­ver­nement israélien déblo­quera une fré­quence de 4,8 MHz, comme il s’y est engagé », a-​​t-​​il indiqué sans autres détails. Wataniya, qui emploie quelque 200 Pales­ti­niens, a obtenu l’appui du quar­tette pour le Moyen-​​Orient (États-​​Unis, ONU, Union euro­péenne et Russie).

Le consulat amé­ricain à Jéru­salem s’est refusé à dire si les États-​​Unis étaient inter­venus dans cette affaire. Mais un porte-​​parole a confirmé que Washington sou­tenait « plei­nement » le lan­cement d’un deuxième opé­rateur pales­tinien de télé­phonie mobile.

« Wataniya repré­sente un inves­tis­sement arabe important dans l’économie pales­ti­nienne. Si l’affaire aboutit, il s’agira d’une preuve tan­gible de l’amélioration du climat pour les inves­tis­se­ments en Cis­jor­danie », a sou­ligné le porte-​​parole.

Pour le vice-​​ministre pales­tinien des Télé­com­mu­ni­ca­tions, Sou­leimane Zou­heiri, l’attitude des auto­rités israé­liennes relève de la « poli­tique d’occupation imposée quo­ti­dien­nement à notre peuple ». « Il existe quatre com­pa­gnies israé­liennes de télé­com­mu­ni­ca­tions opérant illé­ga­lement dans les Ter­ri­toires contrôlés par l’Autorité pales­ti­nienne, qui se par­tagent 35 % du marché », a-​​t-​​il déploré. Aux termes des accords sur l’autonomie des Ter­ri­toires conclus en 1993, les opé­ra­teurs de réseaux mobiles israé­liens ne sont pourtant pas auto­risés à fournir leurs ser­vices qu’aux seuls colons israé­liens en Cisjordanie.

[1] à défaut de res­pecter le droit inter­na­tional et de mettre fin à la colo­ni­sation, à la construction du mur et à l’occupation de la Cis­jor­danie tout comme au cri­minel blocus de Gaza, Neta­nyahou espère endormir la com­mu­nauté inter­na­tionale et les Pales­ti­niens qui aspirent légi­ti­mement à une amé­lio­ration de leur situation concrète, en enga­geant des par­te­na­riats et auto­risant des inves­tis­se­ments étrangers en Palestine ..occupée. Ceci en accord avec le premier ministre palestinien Fayyad !