La mairie de Jérusalem autorise 82 logements de colonisation à Jérusalem-est, selon une ONG

L’Orient le Jour avec AFP, jeudi 9 juin 2016

La mairie de Jérusalem a accordé lundi des permis de construire pour 82 logements dans le quartier de colonisation de Ramat Shlomo à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, a indiqué l’ONG israélienne Ir Amim.

Ces 82 logements répartis sur deux bâtiments s’inscrivent dans un projet plus vaste annoncé en 2010 pour la construction de 1.600 logements à Ramat Shlomo, quartier ultra-orthodoxe, a précisé dans un communiqué l’association qui milite pour la coexistence israélo-palestinienne à Jérusalem.

L’annonce de l’autorisation en 2010, en pleine visite du vice-président américain Joe Biden, avait jeté un sérieux froid sur les relations entre le gouvernement Netanyahu et l’administration Obama.

La communauté internationale considère comme illégale la colonisation, c’est-à-dire la construction d’habitations civiles dans les territoires occupés ou annexés par Israël depuis 1967. Elle est pour la communauté internationale un obstacle majeur à la recherche de la paix entre Israéliens et Palestiniens.

La mairie de Jérusalem, sollicitée, n’a pas fait de commentaire. Sa décision intervient à un moment où l’effort de paix est embourbé.

Une trentaine de ministres et représentants de pays arabes et occidentaux, de l’Onu et de l’Union européenne, réunis la semaine passée à Paris à l’initiative de la France, s’étaient alarmés du danger que la poursuite de la violence et de la colonisation faisait peser sur la "solution à deux Etats", c’est-à-dire la création d’un Etat palestinien qui coexisterait en paix avec Israël.

"Voilà la réponse d’Israël au sommet de Paris pour la paix", s’est indigné dans un communiqué le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erekat.

"Ceci est une insulte faite à la crédibilité de la communauté internationale" et "on ne peut plus accepter que les dirigeants du monde entier, en particulier de l’Union européenne, se contentent de vague déclarations de soutien à la solution à deux Etats tout en assurant à Israël une impunité grandissante", a-t-il dit.

Israël considère Jérusalem comme sa capitale "unifiée et indivisible". Mais la communauté internationale ne reconnaît pas l’annexion en 1967 de Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.