La fin des dissensions palestiniennes ?

Janie Gosselin, vendredi 29 avril 2011

OPINION :
Après quatre ans de divi­sions, le Fatah, à la tête de l’Autorité pales­ti­nienne en Cis­jor­danie, et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, sont par­venus à un accord de récon­ci­liation hier. La nou­velle a été accueillie avec beaucoup de prudence.

Question : Quelle est la signification de cet accord de réconciliation ?

Réponse : Le Fatah et le Hamas sont à cou­teaux tirés depuis 2007, lorsque les forces du parti isla­miste radical se sont emparées du pouvoir dans la bande de Gaza. La scission entre la Cis­jor­danie et la bande de Gaza est vue comme un obs­tacle à l’établissement d’un État pales­tinien. Mais leur réuni­fi­cation ne signi­fierait pas pour autant la fin des hos­ti­lités, croit un expert du Moyen-​​Orient. « Ce serait dif­ficile. L’unification de leurs forces de sécurité poserait un réel pro­blème, explique Hillel Frisch, du Centre de recherches BESA. Pour l’instant, per­sonne ne connaît le contenu de leur entente. Mais on a déjà entendu parler d’accords avant et ils n’ont pas fonc­tionné. » Les deux mou­ve­ments ont convenu de former un gou­ver­nement de tran­sition jusqu’à la tenue d’élections, d’ici un an.

Q. Quelles réactions a suscitées l’annonce ?

R. Le premier ministre israélien Benyamin Néta­nyahou a réaf­firmé hier que « l’Autorité pales­ti­nienne doit choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas ». Il a dit qu’il « ne peut pas y avoir de paix avec les deux parce que le Hamas s’efforce de détruire l’État d’Israël et le dit ouver­tement ». Contrai­rement au Fatah, le Hamas a tou­jours refusé les pour­parlers de paix avec Israël, ne recon­naissant pas son exis­tence. Le groupe figure sur la liste des orga­ni­sa­tions ter­ro­ristes de plu­sieurs pays, dont le Canada et les États-​​Unis. L’Autorité pales­ti­nienne pourrait s’aliéner des appuis importants.

Q. Pourquoi un tel accord maintenant ?

R. Les révoltes dans le monde arabe ont secoué les diri­geants pales­ti­niens. De grandes mani­fes­ta­tions en mars dernier ont appelé à la récon­ci­liation de leurs deux mou­ve­ments. « Des deux côtés, les gou­ver­ne­ments ont peur, explique Hillel Frisch. Abbas craint l’opinion de la rue et la pré­sence de groupes ter­ro­ristes. Le Hamas a peur de perdre des élec­tions parce qu’il est très impo­pu­laire à Gaza. » La dété­rio­ration de la situation en Syrie pourrait aussi avoir joué dans la balance. La direction offi­cielle du Hamas y est installée.