La com­mission élec­torale l’a recom­mandé à Mahmoud Abbas ; Pas d’élections géné­rales le 24 janvier

Fares Chahine, samedi 14 novembre 2009

Le porte-​​parole de la com­mission a argué du fait que le Hamas a empêché une délé­gation d’accéder à Ghaza pour y pré­parer les élec­tions. C’est désormais officiel, les élec­tions géné­rales dans les ter­ri­toires pales­ti­niens n’auront pas lieu à la date prévue par la loi fon­da­mentale, à savoir le 24 janvier 2010.

La com­mission élec­torale cen­trale pales­ti­nienne, pré­sidée par Hanna Nasser, a annoncé, jeudi, avoir recom­mandé au pré­sident Mahmoud Abbas le report des élec­tions légis­la­tives et pré­si­den­tielles aux­quelles il avait appelé le 23 novembre dernier en raison du refus du mou­vement Hamas de per­mettre leur orga­ni­sation dans la bande de Ghaza. « Nous nous sommes réunis aujourd’hui et nous avons décidé de dire au pré­sident, qui a appelé à ces élec­tions, qu’elles ne peuvent avoir lieu à la date qu’il a choisie », a déclaré Hanna Nasser.

Il a précisé que son orga­nisme indé­pendant avait tenté de se rendre dans la bande de Ghaza pour pré­parer les élec­tions mais que le mou­vement Hamas lui avait refusé l’accès au ter­ri­toire qu’il contrôle depuis le mois de juin 2007. Le mou­vement Hamas avait mis la main la semaine der­nière sur les locaux qui abri­taient tous les sièges de la com­mission élec­torale pales­ti­nienne et les a fermés jusqu’à nouvel ordre.

La décision de la com­mission élec­torale pales­ti­nienne était attendue car les condi­tions n’étaient pas réunies pour le succès de ces élec­tions a déclaré Sami Abou Zohri, un porte-​​parole du mou­vement Hamas qui avait déjà avertit qu’il ne per­mettra pas l’organisation d’élections dans la bande de Ghaza sans consensus national.Le mou­vement Fatah, présidé par Abbas, a fait porter la res­pon­sa­bilité de la non-​​ tenue des élec­tions géné­rales au mou­vement Hamas qu’il accuse d’avoir fait échouer les efforts égyp­tiens visant à aboutir à la récon­ci­liation nationale. Un accord de récon­ci­liation élaboré par les auto­rités égyp­tiennes sur la base de mul­tiples rounds de dia­logue entre les dif­fé­rentes fac­tions pales­ti­niennes, et surtout entre le Fatah et le Hamas, avait été accepté et signé par le Fatah mais pas par le Hamas qui exige cer­taines « rectifications ».

Cet accord connu sous le nom de « document égyptien », prévoit de reporter la tenue des élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives au 28 juin 2010. Lors d’un dis­cours, mer­credi à Ramallah, à l’occasion du 5e anni­ver­saire de la mort du leader his­to­rique Yasser Arafat, le pré­sident Abbas avait une nou­velle fois « tendu la main » au Hamas pour une « récon­ci­liation nationale ».

Le plan de Abbas chamboulé

Un appel resté sans écho de la part des res­pon­sables du Hamas alors que la cause pales­ti­nienne tra­verse une période des plus dif­fi­ciles. Nabil Abou Rou­deina, porte-​​ parole de la pré­si­dence a déclaré : « L’interdiction par le Hamas aux membres de la com­mission élec­torale cen­trale pales­ti­nienne de se diriger vers Ghaza pour prendre les mesures néces­saires à la tenue des élec­tions confirme son non-​​attachement à l’unité du pays et à la récon­ci­liation nationale. » « En consé­quence, le pré­sident Mahmoud Abbas prendra la décision adé­quate après un retour aux ins­ti­tu­tions et à la loi fon­da­mentale », a ajouté Abou Roudeina.

Pourtant, le mou­vement Hamas qui refuse la tenue des élec­tions sans entente nationale a annoncé par la voix de Abde­laziz Douek un de ses hauts res­pon­sables en Cis­jor­danie occupée et pré­sident du conseil légis­latif pales­tinien au cours de son dernier dis­cours à Ramallah qu’en cas de démission du pré­sident Abbas, les élec­tions auront lieu dans les deux mois comme le prévoit la loi fon­da­mentale, sans aucune citation d’un quel­conque consensus national. Sans accord de récon­ci­liation et un pro­cessus de paix dans l’impasse à cause des Israé­liens et une position amé­ri­caine tota­lement favo­rable à Israël, le pré­sident Mahmoud Abbas qui a exprimé son désir de ne pas se pré­senter aux pro­chaines élec­tions pré­si­den­tielles est devant des choix difficiles.

La dis­so­lution de l’Autorité pales­ti­nienne et le retour à l’Organisation de libé­ration de la Palestine, avec un nouveau pro­gramme basé surtout sur la résis­tance, ce qui pourrait entraîner la réoc­cu­pation par Israël de l’ensemble des ter­ri­toires pales­ti­niens est le choix le plus craint par les observateurs.