La chaîne de télé­vision M6 le confirme : Sodas­tream par­ticipe à la colo­ni­sation des ter­ri­toires palestiniens

AFPS, mardi 30 août 2011

M6 a diffusé ce dimanche 28 Août, dans l’émission "Capital, un reportage intitulé "Mon soda chez moi : la machine à faire de l’eau gazeuse".

Ce reportage pré­sente les pro­duits Sodas­tream, leader sur le marché français, et situe clai­rement leur origine : « L’usine est en Cis­jor­danie, ce ter­ri­toire pales­tinien situé juste der­rière les bar­belés. La zone est sen­sible, depuis plus de 40 ans elle est occupée par Israël et reven­diquée par les Palestiniens ».

L’Association France-​​Palestine Soli­darité, dans le cadre de la cam­pagne BDS (boycott, dés­in­ves­tis­sement, sanc­tions) dénonce depuis long­temps la fabri­cation des pro­duits Sodas­tream, dans la colonie israé­lienne de Mishor Adumim – Maale Adumim, en vio­lation du droit inter­na­tional. L’AFPS a également fait valoir que les pro­duits vendus en France portent une mention men­songère, telle que "fabriqué en Israël" ou "fabriqué en Chine". Le contenu de ce reportage vient donc conforter les dénon­cia­tions par l’AFPS du caractère colonial de cette entreprise.

Une plainte pour "trom­perie sur l’origine" a été déposée auprès du Pro­cureur de la Répu­blique de Mont­pellier par une consom­ma­trice et INDECOSA-​​CGT, contre un magasin Darty ce produit Sodas­tream y ayant été vendu avec l’étiquette « Made in Israel ». Cette plainte est actuel­lement en cours d’examen. Un procès-​​verbal d’infraction concernant OPM, l’importateur de Sodas­tream, a été transmis au Parquet de Nantes par la Direction Dépar­te­mentale de la Pro­tection des Popu­la­tions de Loire-​​Atlantique.

Le reportage de Capital précise également : "Pour l’assemblage, il faut de la main d’œuvre. En Cis­jor­danie elle est moins chère qu’en Israël ; voilà pourquoi l’usine est ins­tallée ici."

L’ONG israé­lienne "Who Profits" a publié un rapport en Janvier 2011 intitulé : "Sodas­tream, étude d’une entre­prise dans les colonies israé­liennes". Il y est indiqué que les salariés pales­ti­niens doivent avoir un permis de travail pour tra­vailler dans une colonie israé­lienne. Le critère prin­cipal d’attribution de ce permis est de ne pas avoir commis d’action menaçant la sécurité d’Israël. Or un conflit avec un employeur est considéré comme une menace pour la sécurité. Ainsi, un salarié pales­tinien qui reven­dique auprès de son employeur court le risque de perdre son permis de travail et de ne plus pouvoir tra­vailler dans une colonie israé­lienne à l’avenir. Il est donc très rare que des salariés pales­ti­niens exigent le respect du droit du travail. De plus, étant implantée dans une colonie, l’usine Sodas­tream béné­ficie d’avantages fiscaux du gou­ver­nement israélien.

L’implantation de cette usine viole le droit inter­na­tional, notamment la 4ème Convention de Genève. Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU indique d’ailleurs dans sa réso­lution du 24 Novembre 2010 : Les acti­vités de colo­ni­sation israé­liennes dans le ter­ri­toire pales­tinien occupé, y compris Jérusalem-​​Est, consti­tuent de très graves vio­la­tions du droit inter­na­tional huma­ni­taire et des droits de l’homme des Pales­ti­niens qui s’y trouvent et com­pro­mettent (…) un Etat pales­tinien viable, d’un seul tenant, sou­verain et indé­pendant. (Le Conseil) Se déclare pro­fon­dément pré­occupé par (…) le plan israélien dit "E1" pré­voyant d’agrandir la colonie israé­lienne de Maale Adumim et de construire le mur autour, coupant ainsi davantage encore Jérusalem-​​Est occupée des parties sep­ten­trio­nales et méri­dio­nales de la Cis­jor­danie et isolant sa popu­lation palestinienne."

La colo­ni­sation israé­lienne est un obs­tacle majeur à la création de l’Etat pales­tinien et à une paix juste et durable entre pales­ti­niens et israé­liens. C’est pourquoi l’AFPS appelle à boy­cotter les pro­duits des colonies israé­liennes et notamment les gazéi­fi­ca­teurs Sodas­tream, le faire c’est œuvrer pour la justice et pour la paix

Documents joints