La cause palestinienne est-​​elle sans voix ?

Gilles Paris, mercredi 28 juillet 2010

Qui peut parler pour les Pales­ti­niens ? C’est le sujet qu’évoque le site elec­tronic intifada au détour d’une recension d’un livre du jour­na­liste du Haaretz Gideon Levy . Ce dernier est qua­lifié parfois par les pro-​​palestiniens de “dis­sident” israélien compte tenu de son travail sur le conflit israélo-​​palestinien.

La majorité sans doute des lec­teurs du Haaretz, qui gravite à la péri­phérie du consensus israélien concrétisé par la com­po­sition de l’actuelle Knesset, évite conscien­cieu­sement ses articles ainsi que ceux d’Amira Hass. L’une et l’autre dis­posent en dehors de leur pays d’une noto­riété et d’une recon­nais­sance inver­sement pro­por­tion­nelles à celles dont ils peuvent jouir en Israël.

Réputé pour sa radi­calité s’agissant du conflit, le site elec­tronic intifada est mani­fes­tement gêné de voir les intérêts pales­ti­niens défendus à sa manière par une “plume” de l’autre camp, ou plus géné­ra­lement par le tru­chement d’une tierce partie, jour­na­listes, huma­ni­taires ou mili­tants de l’extérieur. Ce qui conduit l’auteur de la recension (au final assez vacharde) de déplorer le très faible nombre d’ouvrages en anglais consacré à ce conflit écrits par des Pales­ti­niens et des Arabes.

Ce désert éditorial ne per­met­trait pas de prendre conscience de la réalité dans laquelle évoluent les Pales­ti­niens. Une remarque qui vaut également pour la France, à de très rares excep­tions comme celle de Raja She­hadeh dont nous avions rendu compte ici. [1]

[1] de nom­breux ouvrages pales­ti­niens - romans, poésie ou politique-​​​​ existent, en français ou en anglais : Darwich bien sûr, le poète, le regretté Saïd, Kanafani ou Emile Hariri, la grande Fadwa Touqan, mal­heu­reu­sement dis­parus, mais aussi Souad Amiry, Hanane Ash­raoui, Adania Shibli, Houssein al-​​​​Barghouti, Sahar Khalifa…