La Turquie et Israël sur le point de rétablir leurs relations, affirme Ankara

Tendues depuis l’assaut israélien contre une flottille turque au large de Gaza en 2010, les relations entre Ankara et l’État hébreu sont en passe de se normaliser, a indiqué jeudi le ministère des Affaires étrangères turc.

France 24 avec AFP et Reuters, vendredi 8 avril 2016

© Kayhan Ozer, AFP | Le président Recep Tayyip Erdogan, auteur de violentes déclarations contre Israël ces dernières années.

En froid depuis six années, la Turquie et Israël sont proches d’un accord sur la normalisation de leurs relations, devenues exécrables depuis l’assaut israélien contre une flottille turque au large de Gaza en 2010, a annoncé vendredi 8 avril le ministère turc des Affaires étrangères.

"Les équipes (des deux pays) ont fait des progrès en vue de finaliser l’accord (...) et ont convenu que l’accord serait finalisé au cours de la prochaine réunion qui sera convoquée très prochainement", a indiqué le ministère dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

Des équipes des deux puissances régionales se sont rencontrées, jeudi, à Londres. Les discussions ont été menées par le sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu côté turc. Israël était représenté par l’envoyé spécial du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, Joseph Ciechanover, et le président par intérim du Conseil de sécurité nationale, le général Jacob Nagel, selon Ankara.

Dix activistes turcs pro-palestiniens tués en 2010

"Les rencontres avec Israël durent depuis un moment et elles continuent aujourd’hui", a déclaré jeudi Ahmet Davutoglu devant la presse à Ankara. Les précédentes sessions de négociations se sont déroulées à Genève (Suisse).

Les deux pays sont en froid depuis l’assaut meurtrier des commandos israéliens contre le Mavi Marmara, un des bateaux de la "flottille de la liberté", qui tentait de briser le blocus de la bande de Gaza. Dix activistes turcs pro-palestiniens avaient été tués.

Après plusieurs années de froid glacial, nourri notamment par une série de violentes déclarations anti-israéliennes du président Recep Tayyip Erdogan, les liens entre Turcs et Israéliens se sont réchauffés et ont permis aux deux pays de reprendre contact.

Un rapprochement sous conditions

Ankara avait posé trois conditions à une normalisation : des excuses publiques pour l’incident de 2010, des indemnisations financières pour les victimes et la levée du blocus imposé par Israël à Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste politico-militaire palestinien Hamas.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déjà présenté des excuses officielles et, selon les autorités turques, les négociations sur les compensations sont presque bouclées. Reste la question bien plus sensible de la levée du blocus imposé depuis 2006 par Israël à Gaza.

"Nos conditions n’ont pas changé depuis 2010", a rappelé jeudi Ahmet Davutoglu. "Si nos demandes sont favorablement accueillies, alors les prochaines étapes sont claires et les annonces nécessaires seront faites au public", a-t-il ajouté.

Les analystes suggèrent que le désir de rapprochement manifesté par Ankara a été accéléré par la crise diplomatique qui affecte ses relations avec la Russie, avec un intérêt particulier pour les réserves de gaz israéliennes.