La France doit res­pecter le droit et la légi­timité du choix élec­toral des Palestiniens

Communiqué AFPS, lundi 15 mai 2006

Depuis la tenue en Palestine occupée d’élections légis­la­tives démo­cra­tiques et trans­pa­rentes -de l’avis de tous les observateurs-​​ qui ont porté au pouvoir une nou­velle majorité poli­tique issue du Mou­vement de la résis­tance isla­mique Hamas, une punition col­lective est infligée au peuple palestinien.

C’est que les nou­veaux diri­geants élus n’ont pas l’heur de plaire à la puis­sance occu­pante, Israël, ni aux Etats-​​unis et à leurs alliés.

Ainsi Israël retient-​​il les taxes doua­nières qui reviennent aux Pales­ti­niens, ainsi l’Union euro­péenne a-​​t-​​elle, après les Etats-​​unis et le Canada, sus­pendu l’aide finan­cière qu’elle apporte au gou­ver­nement de l’Autorité Nationale Palestinienne.

Cette punition col­lective -donc illégale-​​ ajoute aux autres vio­la­tions du droit par l’Etat israélien (le Mur d’annexion en Cis­jor­danie, l’existence et l’extension des colonies en ter­ri­toire occupé, la détention de mil­liers de Pales­ti­niens sur le ter­ri­toire israélien, les inter­dic­tions de dépla­cement, les sièges et couvre-​​feu qui inter­disent l’accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi et à une vie décente), l’extrême pau­vreté, voire la famine pour la popu­lation pales­ti­nienne dans le but de la faire se plier aux exi­gences de la puis­sance occu­pante et de renoncer à ses droits nationaux (un Etat indé­pendant et sou­verain sur les fron­tières de 1967 avec sa capitale, Jérusalem-​​est).

La pression intense qui est imposée au peuple occupé s’applique hors de Palestine aussi.

Ainsi en France les auto­rités ont refusé des visas à des res­pon­sables du nouveau gou­ver­nement pales­tinien qui devaient par­ti­ciper à des réunions offi­cielles (notamment euro­péenne à Stras­bourg) et de la société civile.

Au lieu de sanc­tionner Israël qui bafoue sys­té­ma­ti­quement le droit inter­na­tional, c’est le peuple pales­tinien que l’on sanc­tionne : il s’agit d’un déni total de justice.

L’Afps dénonce ces sanc­tions qui appa­raissent comme un déni du droit des peuples à élire leurs repré­sen­tants et, partant, de la démocratie.

Paris le 15 mai 2006

Le bureau national de l’AFPS