"L’opération sourire"

Palestine 33, vendredi 23 novembre 2007

Voici le bilan fait par les "rural women centers" de la bande de Gaza (c’est le dépar­tement "femmes" du PARC). Peut-​​être cela inté­ressera un groupe. A vrai dire on s’essouffle car depuis deux ans on ne reçoit plus un sou de sub­vention. Si l’un ou l’autre groupe nous rejoi­gnait ça per­met­trait de donner suite à une action jugée prio­ri­taire par les intéressées.

Soutien aux secteurs les plus éprouvés de la bande de Gaza :

« OPE­RATION SOURIRE » phase 4 extraits du rapport rédigé par les femmes concernées

L’état de la jeu­nesse pales­ti­nienne s’est gran­dement dété­riorée. « l’Office Central Pales­tinien de la Sta­tis­tique » (PCBS) estime à 65% les familles pales­ti­niennes qui font état de la vio­lence exercée contre leurs enfants (soit les 2/​3 des familles). Pour plus de la moitié d’entre elles la situation actuelle qui leur est faite est à l’origine de ce climat de vio­lence. Entre sep­tembre 2000 et mars 2007, 902 jeunes ont péri martyrs ; soit 19,2% du total des martyrs : un jeune sur cinq. 369 en Cis­jor­danie, 531 dans la Bande de Gaza et 2 sur les ter­ri­toires occupés en 1948. Le PCBS estime à 40% les jeunes pales­ti­niens qui vivent sous le seuil de pau­vreté, ils repré­sentent 56% de la totalité des pales­ti­niens vivant sous le seuil de pau­vreté. Par ailleurs sur les 2.100.000 jeunes âgés de 10 à 17 ans, 5% d’entr’eux sont réper­toriés comme tra­vailleurs soit près de 100.000. Face à ces quelques données sta­tis­tiques, les Centres de réédu­cation font gran­dement défaut. Or la jeu­nesse a un très grand besoin de soutien psy­cho­lo­gique, écono­mique et social.

Afin de sou­lager les effets de cette situation extrême qui affecte la jeu­nesse pales­ti­nienne, le PARC, en coopé­ration et avec le soutien du « Comité Palestine 33 », lui même assisté du « comité Palestine 13 » et du « Comité Palestine 47 » , a mis en œuvre pour la 4ème année consé­cutive un « soutien aux sec­teurs les plus éprouvés de la Bande de Gaza » dans le cadre de son « Opé­ration Sourire - phase 4 ». l’intention de fond reste la même que les années pré­cé­dentes : Réduire autant que faire se peut les dégâts psy­cho­lo­giques pro­duits sur la jeu­nesse et la femme rurale, par les attaques des Forces Israé­liennes d’occupation.

théâtre

« Opération sourire – 4 » s’est déroulée du 1er avril au 31 août 2007.

Elle a été orientée dans deux direc­tions : Un volet « For­mation » qui s’est adressé aux femmes. En coor­di­nation avec le PMRC (Comité Pales­tinien d’Entraide de la Santé), le RWD (l’Association pour le Déve­lop­pement de la Femme Rurale) et le SLD (l’Association gérant les petits prêts pour des acti­vités fémi­nines rému­né­ra­trices), le PARC a retenu 125 femmes, mères de cer­tains des 500 jeunes ayant par­ticipé cette année. Elles ont reçu une for­mation dans le domaine de l’affectif. Les aspects les plus étudiés ont porté sur les désordres et les dés­équi­libres psy­cho­lo­giques qui frappent la jeu­nesse, la peur et l’anxiété qui l’habitent en per­ma­nence, les trai­te­ments et les soins qu’il est pos­sible d’apporter à des jeunes en crise, la façon de sou­lager les peurs, la manière de juguler les trau­ma­tismes… Par ailleurs, parmi les res­pon­sables du RWD , 75 d’entre elles ont été cooptées pour suivre une for­mation spé­ci­fique portant sur les méthodes adaptées aux com­por­te­ments des jeunes et leur vul­ga­ri­sation, concernant tout le secteur émotionnel (la maî­trise de soi et de ses émotions) et les exer­cices à réa­liser lors des camps d’été. A la fin de cette for­mation 26 femmes sur 75 ont été jugées aptes à être « accom­pa­gna­trices pour les camps d’été » et ont été opé­ra­tion­nelles pendant toute la durée de l’opération.

Le 2ème volet a consisté à orga­niser des camps d’été avec 500 enfants appar­tenant aux familles les plus déshé­ritées des zones les plus exposées de la Bande de Gaza : KHERBET AL ADDAS localité à l’est de Rafah, AL QARARA localité au Nord Est de Khan Younis, AL SAWARHA localité située au milieu de la Bande de Gaza, AL ZEITOUN quartier sud-​​ouest de Gaza Ville et BEIT HANOUN au nord-​​est de la Bande de Gaza. Les res­pon­sables des « centres de déve­lop­pement de la femme rurale » de ces loca­lités ont sélec­tionné ces enfants pour par­ti­ciper aux camps d’été. Les acti­vités les plus pra­ti­quées ont été la pré­pa­ration et la réa­li­sation des visites de pro­duc­tions maraî­chères et d’ ate­liers et la ren­contre avec ces pro­fes­sionnels, leur signi­fiant ainsi leur insertion dans la société ; les petits entretiens/​débats sur la santé et les soins pri­maires ; les diver­tis­se­ments dans des espaces amé­nagés des parcs d’attractions et des zoos ; l’animation des espaces de jeux éducatifs et récréatifs ins­tallés pour le long terme dans les locaux des 5 « centres de déve­lop­pement de la femme rurale » ; la fabri­cation et l’exposition des objets réa­lisés par les jeunes dans les dif­fé­rents ate­liers ; les jeux de plein air, les imi­ta­teurs, les comp­teurs et les marion­net­tistes …et l’organisation d’une céré­monie de clôture où ont été reprises toutes les acti­vités des camps d’été .

exposition des travaux réalisés

Les effets de cette « opérations sourire » ont été immédiats :

un sou­la­gement mani­feste des jeunes soumis aux dif­fé­rentes formes de stress psy­cho­lo­giques. Ces 500 qui ont été invités à mettre en valeur leurs propres talents y ont trouvé l’estime de « soi » la confiance en soi et le fait de se sentir à l’aise dans sa peau. Ils y ont trouvé leur inté­gration à la vie sociale grâce à leurs contacts entre eux et avec les adultes qui les ont accom­pagnés . Les retombées posi­tives déjà obser­vables du com­por­tement de ces 125 mères à l’égard de leurs enfants.

Atelier bricolage


Recommandations pour la suite :

- Renou­veler l’Opération Sourire au vu de toute l’importance que revêt cette ini­tiative tant auprès des jeunes que des mères.
- Prévoir la for­mation d’un plus grand nombre de mères (125 cette fois-​​ci)
- Prévoir une for­mation spé­cia­lisée plus consis­tante pour les futures accom­pa­gna­trices.
- Aug­menter le budget « espaces jeux et récréatifs ».
- Donner suite aux nou­velles demandes des jeunes : création d’un groupe théâtral et d’une chorale dont les par­ti­ci­pants déci­de­raient eux-​​mêmes du choix de leur pro­gramme.
- Cibler de nou­veaux sites sur les Bande de Gaza pour que le maximum de jeunes puissent en profiter.

Ainsi se termine l’extrait de ce rapport, auquel Palestine 33 se doit d’ajouter un com­plément d’information : Le coût de « l’opération » s’est élevé à 30.000 euros. « Palestine 13 » y a contribué pour 6.050 €, « Palestine 47 » pour 1.600 € et « Palestine 33 » pour 22.450. La totalité de la somme est le produit exclusif de la soli­darité : pas un sou de sub­vention ! Palestine 33 tient à la dis­po­sition de celles et ceux qui seraient inté­ressés, la totalité du rapport accom­pagné du détail de l’utilisation de l’argent et un film de 21 minutes.

Jacques Salles