L’enquête israé­lienne sur le mas­sacre de la plage à Gaza « n’est pas cré­dible », selon la BBC

BBC, jeudi 22 juin 2006

Alors que les assas­sinats par Israël se mul­ti­plient, une asso­ciation de défense des droits humains basée aux Etats-​​unis a mis en doute un rapport de l’armée israé­lienne qui a exonéré les troupes de l’assassinat de 8 civils pales­ti­niens sur la plage de Gaza.

"Une inves­ti­gation qui refuse de prendre en compte des preuves contra­dic­toires ne peut guère être cré­dible," a déclaré Human Rights Watch.

Les enquê­teurs israé­liens ont refusé d’examiner les preuves amassées par d’autres sources, disant qu’elles pou­vaient être trafiquées.

Les morts du 9 juin ont entraîné une condam­nation inter­na­tionale. Le groupe militant Hamas a mis fin à sa trêve informelle.

"L’approche par­tisane de l’armée israé­lienne met en évidence la nécessité s’un enquête inter­na­tionale indé­pen­dante’’ a déclaré Marc Gar­lasco, ana­lyste mili­taire à Human Rights Watch (HRW).

Il aurait fallu que les Pales­ti­niens se soient lancés dans une conspi­ration massive et immé­diate pour fal­sifier les données.

Israël dit avoir réfuté les accu­sa­tions concernant sa res­pon­sa­bilité dans ces morts en uti­lisant des éclats d’obus trouvés sur les vic­times et son propre calen­drier des événements.

Mais les preuves trouvées par Human Rights Watch indi­quaient que les civils ont été tués pendant la période de temps où Israël bom­bardait la plage contrai­rement aux affir­ma­tions israé­liennes, a déclaré le groupe (HRW)

Pendant une réunion avec l’enquêteur mili­taire, Meir Klifi, M. Gar­lasco a dit qu’il envi­sa­geait la pos­si­bilité que l’explosion ait été causée par un obus tiré par Israël plus tôt dans la journée.

L’armée a tiré plus de 80 obus de 155mm dans la zone, a indiqué Human Rights Watch, et l’un d’eux peut avoir été enterré dans le sable, attendant que quelque chose le fasse sauter. Les enquê­teurs israé­liens ont suggéré que l’explosion pouvait avoir été causée par une mine posée par des mili­tants pales­ti­niens pour empêcher des attaques de com­mandos israéliens.

Le res­pon­sable du groupe d’enquêteurs mili­taires israé­liens aurait dit à M. Gar­lasco que les Pales­ti­niens pou­vaient bien « mentir » à propos de l’incident et qu’il rejetait donc leurs preuves.

"Si l’on croit les allé­ga­tions israé­liennes que les preuves ont été fal­si­fiées, alors beaucoup de Pales­ti­niens auraient dû se lancer immé­dia­tement dans une conspi­ration massive et immé­diate pour fal­sifier les données, a dit Mr Gar­lasco - un ancien ana­lyste des ser­vices de ren­sei­gnement du Pentagone.

"Les conspi­ra­teurs - témoins, vic­times, per­sonnel médical et l’équipe qui a nettoyé la bombe - auraient dû truquer leurs témoi­gnages, modifier les rap­ports digitaux et écrits et intro­duire des éclats d’obus dans le sang d’une victime » a-​​t-​​il dit dans une décla­ra­tions de Human Rights Watch .

"Ca défie l’imagination qu’un complot aussi énorme puisse être orchestré aussi rapidement."

L’armée n’a pas répondu à la déclaration de HRW.