L’eau de l’oppression coloniale

AFPS, dimanche 1er novembre 2009

Amnesty Inter­na­tional a publié mardi 27 octobre 2009 un rapport qui s’inscrit dans le cadre de sa cam­pagne mon­diale « Exi­geons la dignité ». Il y sou­ligne l’utilisation de l’eau -et sa confiscation-​​par Israël comme une arme contre les Palestiniens.

Les Pales­ti­niens des Ter­ri­toires pales­ti­niens occupés n’ont le droit d’utiliser que 20 à 70 litres d’eau par jour. Quelque 500 000 colons consomment en moyenne 300 litres par jour et uti­lisent autant, sinon plus d’eau que l’ensemble de la popu­lation pales­ti­nienne de Cis­jor­danie (2,5 mil­lions), alors que 200 000 Pales­ti­niens n’ont même pas accès à l’eau courante.

Dans la bande de Gaza, la situation est pire puisque la totalité de la nappe phréa­tique est conta­minée, impropre à la consom­mation , que le système d’assainissement a été de nouveau ravagé par l’offensive mili­taire israé­lienne de l’hiver dernier et qu’Israël interdit aussi bien l’importation d’eau de Cis­jor­danie que l’entrée du matériel pour recons­truire le système d’assainissement.

Ce rapport d’Amnesty -orga­ni­sation "défenseur des droits humains uni­ver­sel­lement reconnus de tous"(AI) et qui se veut non politique-,violemment récusé par le gou­ver­nement israélien, ne fait que mettre en évidence une réalité connue et dénoncée depuis long­temps par tous ceux qui luttent pour la recon­nais­sance et la réa­li­sation des droits nationaux du peuple pales­tinien. Il s’agit de mettre à genoux et de contrôler le peuple pales­tinien et de s’en appro­prier les res­sources. Déjà en 1941 Ben Gourion consi­dérait qu’il fau­drait que les eaux du Jourdain et du Litani soient com­prises à l’intérieur des fron­tières de l’Etat israélien lequel, dès 1953, a com­mencé à acca­parer l’eau du Jourdain. Avec l’occupation israé­lienne des ter­ri­toires pales­ti­niens, la poli­tique de colo­ni­sation se met en place après la guerre de 1967, et impose des inter­dic­tions dras­tiques à la popu­lation (ordon­nance mili­taire numéro 158 du 30 octobre 1967).

Les colonies, elles, s’installent sur les meilleures terres au-​​dessus des nappes phréa­tiques et rejettent leurs eaux usées dans les cultures et les sources palestiniennes.

Dans la Vallée du Jourdain où 95% de la terre et 98% de l’eau ont été acca­parées par les colonies israé­liennes, la popu­lation pales­ti­nienne est réduite à la misère ou à l’exil.

La construction illégale du réseau de murs en Cis­jor­danie, condamnée par la Cour inter­na­tionale de justice (CIJ), vise aussi, pour Israël, à péren­niser la confis­cation des sources aqui­fères palestiniennes.

L’eau est un ins­trument de punition, de dis­cri­mi­nation, d’expropriation, de net­toyage eth­nique. Les res­tric­tions imposées par Israël sont un obs­tacle au déve­lop­pement écono­mique et privent les Pales­ti­niens du droit de vivre une vie normale, notamment « de dis­poser d’une nour­riture, de loge­ments et de soins suf­fi­sants, » (Dona­tella Rovera auteur du rapport d’Amnesty international).

La France, l’UE, l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité de l’ONU ne peuvent impu­nément laisser assoiffer le peuple pales­tinien ni tolérer plus long­temps ce vol de res­sources vitales pales­ti­niennes par la puis­sance occupante.

Il faut faire pression sur les auto­rités israé­liennes. Pour ce qui est de l’AFPS :

- nous exi­geons que la France agisse pour la sus­pension de l’accord d’association Union européenne-​​Israël jusqu’au respect par Israël du droit international

- nous nous ins­crivons plei­nement dans la cam­pagne BDS (boycott, dés­in­ves­tis­sement, sanctions),

- nous appelons à par­ti­ciper à la marche de la liberté qui se déroulera le 1er janvier 2010 à Gaza pour exiger la levée du blocus de Gaza ;