L’avenir du rôle arabe en Palestine

Abdallah Al-​​Achaal, vendredi 31 octobre 2008

Le cadre arabe a tou­jours constitué une forte pro­tection pour la cause palestinienne

Malgré les plaintes pales­ti­niennes au cours des der­nières décennies de l’ingérence arabe dans la décision pales­ti­nienne, la dis­pa­rition de ce cadre au cours des cinq der­nières années a permis à Israël de déter­miner seul le sort des Pales­ti­niens. De plus, la dis­pa­rition de ce cadre a réduit les sources du secours arabe pour le choix pales­tinien unifié à cette époque, à savoir la résis­tance et les négo­cia­tions. Cependant, l’équilibre entre la résis­tance et les négo­cia­tions n’a pas duré long­temps. Les Pales­ti­niens se sont trouvés obligés de choisir l’un ou l’autre bien qu’ils soient tous deux indis­so­ciables. La résis­tance seule est inca­pable de libérer la Palestine. De plus, les négo­cia­tions sans cartes de pression ne peuvent inciter Israël à faire des conces­sions, surtout dans le cadre de son projet sio­niste. Les théories ont continué à parler du sort du conflit arabo-​​israélien alors que le conflit poli­tique et mili­taire sur le terrain est devenu un conflit palestino-​​israélien. C’est ce que les médias arabes ont clai­rement reflété après que le conflit entre les Arabes et Israël ainsi que le rap­pro­chement entre les deux projets arabe et sio­niste furent devenus des hypo­thèses théo­riques. Puis est survenu un autre chan­gement. Le pré­sident Abou-​​Mazen a décidé que les négo­cia­tions seules sont requises et que la résis­tance à la lumière du dés­équi­libre des forces était un suicide et portait pré­judice à la cause pales­ti­nienne la taxant de ter­ro­risme. C’est ainsi que sont apparues deux concep­tions contra­dic­toires : la résis­tance et le règlement poli­tique par la voie des négo­cia­tions même si ce procédé n’a aucun ren­dement politique.

C’est ainsi que les deux concep­tions repré­sentées res­pec­ti­vement par le Hamas et par l’Autorité pales­ti­nienne se sont entre­cho­quées. Malgré les mul­tiples ten­ta­tives de les unifier, les dif­fé­rends sont plus grands que les espoirs de concorde. Mais aujourd’hui, le facteur temps est devenu tran­chant. En effet, la Consti­tution pales­ti­nienne stipule que le mandat d’Abou-Mazen prenne fin le 8 janvier 2009, que celui-​​ci émette un décret pré­si­dentiel trois mois plus tôt invitant tous les élec­teurs à élire un nouveau pré­sident et que le nouveau pré­sident invite à son tour les citoyens aux élec­tions du Conseil légis­latif. Mais il semble qu’Abou-Mazen opte pour pro­longer lui-​​même son mandat jusqu’à janvier 2010. C’est d’ailleurs ce que veut Israël et ce que pré­fèrent les pays arabes qui veulent la sta­bilité et qui veulent éviter les sur­prises. Cependant, le Hamas insiste pour que le dia­logue du Caire par­vienne à une entente sur la position du pré­sident, sinon il pré­sentera un nouveau. En contre­partie, on sait très bien qu’Israël insiste pour diviser les rangs des Pales­ti­niens. C’est ainsi que la presse israé­lienne s’est empressée de publier des rap­ports quo­ti­diens traçant les carac­tères du complot mili­taire contre le Hamas à Gaza. Ce, au même moment où les ministres arabes des Affaires étran­gères ont convenu dans leurs réunions tenues début sep­tembre au Caire sur le fait qu’ils dénon­ce­raient la partie qui ne coopérera pas au dia­logue avec la béné­diction arabe.

L’intervention des pays arabes est devenue impé­rative pour que le dia­logue réus­sisse et pour empêcher les heurts mili­taires que prévoit Israël. Il s’agit d’éviter les inter­ac­tions résultant de la fin du mandat d’Abou-Mazen et de l’inciter à res­pecter la Consti­tution pales­ti­nienne. Il est devenu impé­ratif que les Pales­ti­niens se pré­parent à une nou­velle scène où il y aura un nouveau gou­ver­nement israélien et une nou­velle admi­nis­tration américaine.