L’autre côté d’Israël

Susan Nathan, jeudi 2 novembre 2006

« En tant que juive, j’ai droit à la natio­nalité israé­lienne en vertu de ma seule appar­te­nance eth­nique. » Avec cette cer­titude, Susan Nathan débarque en 1999, à l’age de 56 ans, en Israël.

Issue d’une famille juive, de natio­nalité anglo-​​sud-​​africaine, elle a « la tête encore pleine d’idées roman­tiques sur le sio­nisme et l’Etat juif » : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », « Nous avons fait fleurir le désert »…

A Tel-​​Aviv, l’auteur découvre qu’Israël compte aussi un grand nombre d’« étrangers », un million d’Arabes soumis à un système d’apartheid, au racisme et à la dis­cri­mi­nation au quo­tidien, citoyens non d’une démo­cratie, mais d’une eth­no­cratie. Un cin­quième de la popu­lation israé­lienne vit avec un statut de citoyens de seconde zone, méconnus, méprisés, dis­cri­minés. Nathan quitte Tel-​​Aviv pour s’installer en Galilée, à Tamra, une ville « arabe » de vingt-​​cinq mille habi­tants qui lui apparaît comme un « camp de réfugiés de l’intérieur ». Pour les diri­geants et l’élite de l’Etat d’Israël, ce témoi­gnage d’« un voyage au-​​delà de la ligne de démar­cation eth­nique » est des plus accablants.

Wim De Neuter.