L’armée israélienne ratisse le nord de la Bande de Gaza

Ibrahim Barzak, lundi 3 mars 2008

Les troupes israé­liennes se sont retirées du nord de la Bande de Gaza peu avant l’aube lundi après une pro­fonde incursion en ter­ri­toire pales­tinien dans le cadre d’une offensive contre les tirs de roquettes qui a fait plus d’une cen­taine de morts et conduit le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas à sus­pendre les pour­parlers de paix avec l’Etat hébreu.

Après plu­sieurs accro­chages avec les mili­tants pales­ti­niens et des arres­ta­tions dimanche, l’infanterie israé­lienne a com­mencé à se retirer peu après minuit, a annoncé Tsahal, tandis que les bom­bar­de­ments aériens israé­liens ont fait cinq morts.

Ces bom­bar­de­ments se pour­sui­vaient lundi matin après les attaques de dimanche contre plu­sieurs cibles dans la Bande de Gaza, à proximité du camp de réfugiés de Chati et à Jebaliya, au nord, où deux mili­tants ont été tués et trois autres blessés, selon des res­pon­sables des ser­vices de sécurité pales­ti­niens. Ces décès por­taient à 11 morts le bilan des vio­lences de dimanche.

L’armée israé­lienne a confirmé avoir visé des hommes armés à Jebaliya, tou­chant une per­sonne. Tsahal n’a fait aucun com­men­taire dans l’immédiat concernant des frappes contre Chati, situé dans la ville de Gaza.

Le ministre de la défense Ehoud Barak a affirmé qu’une invasion de Gaza par les troupes israé­liennes restait une option pos­sible et qu’Israël essaierait de ren­verser le régime du Hamas. "Nous uti­li­serons la force pour changer la situation", a déclaré Ehoud Barak lors d’une réunion avec les res­pon­sables de la sécurité, selon un com­mu­niqué publié par son cabinet.

Lundi, aux pre­mières heures du jour, les Pales­ti­niens ont dénombré neuf raids israé­liens séparés sur Gaza dans les­quels cinq mili­tants du Hamas ont été tués. L’une de ces offen­sives s’est pro­duite près du bureau du Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh qui ne se trouvait pas sur les lieux au moment de l’attaque. L’armée israé­lienne a précisé que l’avion visait des caches d’armes entre autres.

Avant minuit, Israël a déployé davantage de troupes et de blindés dans le nord de la Bande de Gaza, élar­gissant le théâtre des opé­ra­tions à environ un kilo­mètre et demi, selon des témoins et des membres des ser­vices de sécurité palestiniens.

L’aviation israé­lienne a également frappé deux ate­liers de métaux dans le nord du ter­ri­toire, blessant dix per­sonnes, a-​​t-​​on appris de mêmes sources.

L’armée israé­lienne a déclaré que les raids visaient des caches d’armes, et que les mou­ve­ments de troupes étaient des mesures de routine.

Dimanche, 11 Pales­ti­niens, dont une petite fille de 21 mois, ont été tués et dix autres ont suc­combé à des bles­sures ou ont été retrouvés morts. En tout, 109 Pales­ti­niens ont été tués depuis le début des vio­lences mer­credi dernier, selon des mili­tants et des sources hos­pi­ta­lières. Environ la moitié sont des civils. Deux soldats et un civil israé­liens ont également perdu la vie.

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas a sus­pendu les pour­parlers de paix avec l’Etat hébreu en raison de ces opé­ra­tions, réac­tions aux tirs de roquettes vers le ter­ri­toire israélien.

Face aux condam­na­tions inter­na­tio­nales, Israël a fait valoir son droit à se défendre, et même laissé entendre que ses inter­ven­tions pour­raient s’intensifier.