L’armée israé­lienne prend pos­session de la maison de la famille Zo’ool dans la région de Bethléem

Ahmad Jaradat, mercredi 5 novembre 2008

La prise de contrôle de maisons pales­ti­niennes par l’armée israé­lienne constitue l’une des plus graves vio­la­tions des droits de l’homme opérées par Israël dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, en ce qu’elles portent notamment atteinte aux droits, inter­na­tio­na­lement pro­tégés, à une vie privée, une vie de famille, à la pro­priété privée et à des pro­cé­dures légales. Israël a fait un large usage de cette poli­tique de prise de contrôle de maisons durant la seconde Intifada.

En général, les soldats israé­liens annoncent sim­plement aux familles pales­ti­niennes qu’elles doivent évacuer leurs maisons parce que l’armée en a besoin à des « fins mili­taires ». Des dizaines de familles ont été confrontées à une telle sanction col­lective, en par­ti­culier à Hébron où cer­taines maisons sont occupées depuis des années déjà par des soldats israé­liens. Mises dans pareille situation, les familles pales­ti­niennes se retrouvent à la rue, obligées de choisir entre louer une autre maison et aller s’établir chez des proches.

Le cas le plus récent, dans lequel l’armée israé­lienne a pris le contrôle de la maison de la famille Zo’ool, dans le village de Husan, à l’ouest de Bethléem, illustre par­fai­tement cette poli­tique. Bassam Ibrahim Zo’ool a rap­porté à l’AIC (Alter­native Infor­mation Center) : « La semaine passée, les soldats ont com­mencé à venir chez moi, ma maison étant située près de la route prin­cipale, dans le village de Husan. Les soldats sont venus plu­sieurs fois le même jour et parfois même la nuit. Ils ont pris des photos de ma maison, sous tous les angles. Ven­dredi dernier, le 24 octobre, à cinq heures du soir, des soldats sont venus chez moi, ils sont entrés et ont pris plein de photos de l’intérieur de la maison. Quand je leur ai demandé ce qu’ils fai­saient, un officier m’a répondu  : ‘La ferme, c’est le boulot de l’armée ; tu n’as pas le droit de parler’. Ils sont partis une demi-​​heure plus tard. » « Ils sont venus une deuxième fois à trois heures du matin. Nous dor­mions et avons été réveillés par les coups frappés à la porte. J’ai ouvert et plus de dix soldats sont entrés. Ils nous ont donné cinq minutes pour ras­sembler tout le monde dans la cuisine. Quelques soldats nous gar­daient pendant que d’autres véri­fiaient qu’il n’y avait per­sonne d’autre dans la maison. Ils ont emmené notre fils de 20 ans, Ahmad, dans une pièce éloignée de la cuisine et quand nous l’avons entendu crier, nous avons poussé les soldats et avons couru jusqu’à l’autre pièce où nous avons vu des soldats occupés à le frapper. Nous avons crié aux soldats d’arrêter, après quoi l’officier nous a donné l’ordre de quitter notre maison. »

« Nous sommes allés chez mon frère qui habite à proximité. Les soldats ont utilisé notre maison comme un centre mili­taire. Ils ont hissé le drapeau israélien sur le toit et placé des sacs de sable devant les fenêtres. Les soldats ont alors déclaré que notre maison et toute la rue était zone mili­taire fermée. Per­sonne n’était autorisé à marcher dans la rue et plu­sieurs per­sonnes ont été frappées par les soldats, ces der­niers jours. »

« Nous avons contacté de nom­breuses orga­ni­sa­tions de droits de l’homme ainsi que des mili­tants et des orga­ni­sa­tions israé­liennes qui avaient l’habitude de venir dans notre secteur. Durant les visites de ces groupes et de ces mili­tants, les soldats israé­liens se com­por­taient (cor­rec­tement), mais quand il n’y avait pas de mili­tants pré­sents, ils étaient agressifs à l’égard des habi­tants de Husan. Fina­lement, le soir du dimanche 26 octobre, ils sont partis de chez moi. »

Alternative Information Center (AIC) 28 octobre 2008