L’armée israélienne fouille la ville palestinienne d’Hébron après des attaques

Le Monde avec AFP, lundi 9 novembre 2015

Des soldats israéliens devant une mosquée lors de la prière du vendredi à Hébron en Cisjordanie, le 6 novembre. Mussa Issa Qawasma / Reuters

L’armée israélienne menait samedi 7 novembre des perquisitions et des fouilles à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, après que trois Israéliens ont été blessés par des tirs dans cette ville palestinienne où les violences se sont concentrées ces dernières semaines.

Plusieurs maisons ont été fouillées, notamment dans le quartier de Tel Roumeida, ont indiqué des sources de sécurité et des militants. Le quartier est bordé par la rue des Martyrs, interdite d’accès aux Palestiniens, et il abrite une colonie. Le porte-parole de l’armée, Peter Lerner, dit vouloir « localiser les auteurs des attaques » de vendredi.

Tel Roumeida, emblématique pour les Palestiniens des restrictions et des brimades imposées par les colons et les soldats, se trouve dans la zone dite « H2 », sous contrôle israélien. C’est là que se trouvent la Vieille ville et le Tombeau des patriarches, lieu saint physiquement divisé en deux parties : l’une pour accueillir les juifs et l’autre pour les musulmans. Quelque 500 colons vivent barricadés dans ce quartier au beau milieu d’Hébron, qui compte 200 000 Palestiniens.

Cérémonie autour du tombeau des patriarche

Deux Israéliens y ont été blessés vendredi par des tirs d’assaillants non identifiés lors d’un pèlerinage auquel environ 4 000 juifs participaient et qui se poursuit jusqu’à samedi soir. Selon la tradition, Abraham, Sarah et d’autres figures bibliques reposent dans le site sacré. Un troisième Israélien a été blessé par des tirs près du village de Beit Einoun dans le sud de Hébron.

Depuis une semaine, les forces israéliennes bouclent Tel Roumeida, et seuls les résidents enregistrés peuvent y pénétrer « après des vérifications de sécurité et si leurs noms apparaissent sur les listes des forces de sécurité », a indiqué l’ONG israélienne des droits de l’homme B’Tselem. Parmi les 50 familles du quartier, certaines ont refusé de s’enregistrer en signe de protestation, et d’autres font les frais d’« erreurs du personnel du check point », a affirmé B’Tselem.

De plus, les forces de sécurité ont érigé vendredi soir un remblai de terre bloquant l’entrée nord de Hébron, qui débouche sur le quartier de Ras Al-Joura, l’un des endroits, avec le centre-ville, où les affrontements entre soldats et jeteurs de pierres sont les plus violents.

Elles ont également installé des barrages dans plusieurs quartiers de la ville où les hommes de moins de 25 ans sont interdits de passage. « Ces mesures amorales et illégitimes sont une punition collective », a accusé B’Tselem.

Depuis début octobre, dans les Territoires occupés et en Israël, heurts et attaques ont fait 73 morts côté palestinien – dont un arabe israélien – et neuf côté israélien. Une grande majorité des Palestiniens tués l’ont été parce qu’ils projetaient ou menaient des attaques, selon les autorités israéliennes.