L’angoisse des proches des prisonniers palestiniens en grève de la faim

Marine Vlahovic, RFI, mercredi 17 mai 2017

Cela fait aujourd’hui un mois que les prisonniers palestiniens incarcérés en Israël ont entamé leur grève de la faim. Ils seraient entre 1 000 et 1 500 détenus à cesser de s’alimenter depuis 31 jours pour dénoncer leurs conditions de détention. L’Etat hébreu reste inflexible et refuse de négocier avec le leader de ce mouvement collectif, Marwan Barghouti, qui a d’ailleurs été mis en cause récemment. L’administration pénitentiaire israélienne a publié il y a quelques jours une vidéo contestée par les Palestiniens où on le verrait manger dans sa cellule. Alors que cette grève s’éternise, on ne sait rien ou presque de l’état de santé des détenus dont la plupart sont placés à l’isolement, alors qu’Israël a menacé à plusieurs reprises de recourir à l’alimentation forcée. En Cisjordanie, leurs proches sont inquiets.

Manifestation de soutien aux Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, ici le 16 avril 2017 à Naplouse, en Cisjordanie. REUTERS/Abed Omar Qusini

Des portraits de prisonniers ornent une grande tente plantée au cœur de Ramallah. C’est ici sous le regard des passants que tous les jours depuis un mois, des proches de détenus se rassemblent. L’air soucieux, les yeux embués, Nasim Shaheen attend des nouvelles de son frère, entourée d’autres familles de prisonniers. « On ne mange plus, dit-elle, on ne dort plus, et si ça nous arrive de dormir pour quelques heures, nous rêvons de nos proches. Nous sommes très inquiets pour eux. Mais jusqu’ici nous n’avons aucune information. »

Car une chape de plomb entoure cette grève invisible qui se déroule à l’ombre des geôles israéliennes Plusieurs dizaines de détenus auraient été hospitalisés mais pour Faride Moharef c’est le flou le plus complet. « Je n’ai pas de nouvelles. Je ne sais rien de mon fils, confie-t-elle. Mon cœur pleure, pas mes yeux mais mon cœur. Et notre gouvernement ne dit rien. C’est dommage. »

L’Autorité palestinienne a empêché la tenue de plusieurs manifestations de soutien aux prisonniers en Cisjordanie alors que la tension monte à l’approche de la visite de Donald Trump dans la région.