L’ “ami palestinien” d’Obama et les flottilles pour Gaza

Gilles Paris, vendredi 30 juillet 2010

L’historien amé­ricain Rachid Khalidi n’y peut rien. Labelisé par la presse amé­ri­caine “ami pales­tinien” du pré­sident des Etats-​​Unis Barack Obama, eu égard à leur passé commun à l’université de Chicago, ses faits et gestes sont décryptés à cette aune.

Le fait que l’universitaire, par ailleurs fort discret depuis que son ancien col­lègue s’est pro­pulsé à la Maison Blanche, sou­tienne une ini­tiative lancée par des per­son­na­lités et mou­ve­ments pro-​​palestiniens pour financer un bateau à des­ti­nation de Gaza a suscité l’attention que l’on imagine. D’autant que le nom dont le bateau a été baptisé (L’Audace d’espérer) renvoie au deuxième ouvrage écrit par M. Obama. Depuis l’arraisonnement san­glant par les com­mandos de marine israé­liens d’un navire turc, le Mavi-​​Marmara, le 31 mai, le blocus ter­restre de Gaza été des­serré, mais l’on reste encore loin de la situation qui pré­valait avant la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, en 2007.

Les cri­tiques sont venues prin­ci­pa­lement des répu­bli­cains les plus radicaux, prompts à ajouter cette pièce au dossier déjà bien rempli des mau­vaises manières prêtés à M. Obama vis à vis d’Israël. Interrogé par le Haaretz, Rachid Khalidi, sou­cieux de se démarquer des “deux auto­rités pales­ti­niennes” (celle de Ramallah, et celle de Gaza) a jus­tifié sa démarche par le fait que la situation imposée par Israël à la popu­lation de Gaza peut être assi­milée à “une punition col­lective” contraire aux lois de la guerre. “Si la nou­velle flot­tille aide à mettre fin au blocus de Gaza, et peut contribuer à rap­procher les deux auto­rités pales­ti­niennes et à leur faire com­prendre combien sont coû­teuses leurs divi­sions, ce sera une bonne chose“, assure-t-il.M. Khalidi, en la matière, n’est que son propre messager.