L’UE et Israël s’engagent dans un "par­te­nariat ren­forcé" qui mécon­tente les Palestiniens

Thomas Ferenczi, samedi 21 juin 2008

Israël fait partie, avec le Maroc, la Mol­davie et l’Ukraine, des quatre pays avec les­quels l’Union a choisi d’approfondir son par­te­nariat, dans le cadre de la "poli­tique euro­péenne de voisinage"

Les auto­rités euro­péennes devaient apporter une réponse positive, lundi 16 juin à Luxem­bourg, à la demande for­mulée par Israël d’un ren­for­cement des rela­tions euro-​​israéliennes. Cette réponse devait être pré­sentée à la réunion du Conseil d’association UE-​​Israël qui mar­quera, selon Bruxelles, une "nou­velle phase" dans les rela­tions entre les deux parties. Israël fait partie, avec le Maroc, la Mol­davie et l’Ukraine, des quatre pays avec les­quels l’Union a choisi d’approfondir son par­te­nariat, dans le cadre de la "poli­tique euro­péenne de voi­sinage", pour tenir compte du fait qu’ils ont "bien pro­gressé et fait montre d’une ambition par­ti­cu­lière", selon les termes de la com­mis­saire aux rela­tions exté­rieures, Benita Ferrero-​​Waldner.

Tou­tefois, les Vingt-​​Sept se sont long­temps divisés sur le lien qu’ils jugent néces­saire d’établir entre le ren­for­cement de leurs rela­tions avec Israël et la contri­bution de ce pays à la recherche d’une solution négociée au conflit israélo-​​palestinien. La dis­cussion a été longue entre les Etats qui, comme la France, l’Espagne ou la Suède, sou­hai­taient sou­ligner for­tement ce lien, et ceux qui, comme l’Allemagne, la Grande-​​Bretagne ou les Pays-​​Bas, vou­laient l’atténuer. Le com­promis auquel sont par­venus dif­fi­ci­lement les Vingt-​​Sept précise que l’UE est déter­minée à déve­lopper un par­te­nariat plus étroit avec Israël et que celui-​​ci doit être considéré dans un contexte plus vaste qui inclut la réso­lution du conflit israélo-​​palestinien par la recon­nais­sance de deux Etats.

Programmes communautaires

Le document pré­senté par les Vingt-​​Sept , obtenu par Le Monde, indique que le par­te­nariat ren­forcé, qui suscite les pro­tes­ta­tions de l’Autorité pales­ti­nienne, se tra­duira par un appro­fon­dis­sement du dia­logue poli­tique entre les deux parties, à tous les niveaux, et par la par­ti­ci­pation d’Israël à de nom­breux pro­grammes com­mu­nau­taires, en par­ti­culier dans le domaine de la com­pé­ti­tivité et de l’innovation ou dans celui de la recherche et du déve­lop­pement. La coopé­ration portera également sur les trans­ports, l’énergie, les douanes, la justice, l’éducation, les affaires sociales. Elle devrait également inclure la défense des droits de l’homme et la lutte contre le terrorisme.

Le document appelle à la levée pro­gressive des res­tric­tions israé­liennes au dépla­cement des Pales­ti­niens et salue "comme un pas dans la bonne direction" la sup­pression d’un nombre limité de bar­rages, tout en invitant Israël à faire beaucoup plus. L’UE se dit pro­fon­dément pré­oc­cupée par les nou­velles construc­tions de colonies dans les ter­ri­toires occupés. Elle s’inquiète également de la situation huma­ni­taire à Gaza.

Les Euro­péens se déclarent également pré­oc­cupés, selon le document, par le pro­gramme nucléaire de l’Iran, et déplorent que Téhéran ne se soit pas encore conformé à ses obli­ga­tions inter­na­tio­nales. Ils s’inquiètent des consé­quences néga­tives de la poli­tique menée par Téhéran sur la sta­bilité au Proche-​​Orient. Ils condamnent avec fermeté les menaces de l’Iran à l’égard d’Israël, ainsi que "la négation de l’Holocauste comme un fait historique".