L’ONU demande à Israël une enquête indépendante sur la flottille

Tribune de Genève, vendredi 30 juillet 2010

Le comité des droits de l’Homme de l’ONU a demandé ven­dredi à Israël d’inviter une mission inter­na­tionale pour enquêter sur le raid du 31 mai contre la flot­tille huma­ni­taire des­tinée à Gaza.

Au terme de l’examen du rapport d’Israël, les 18 experts du comité des droits de l’Homme ont dénoncé l’usage de la force lors de l’attaque contre la flot­tille huma­ni­taire à des­ti­nation de Gaza, à l’origine du décès de neuf personnes.

"Tout en notant les consi­dé­ra­tions pré­li­mi­naires de l’enquête menée par Israël sur l’incident, le comité s’inquiète de l’absence d’indépendance de cette enquête et de l’interdiction d’interroger les mili­taires israé­liens impliqués dans cette attaque", affirment les experts.

Le 23 juillet, le pré­sident du Conseil des droits de l’Homme a désigné une com­mission de trois juristes pour enquêter sur le raid du 31 mai.

Opération "Plomb durci"

Le comité estime par ailleurs que l’Etat hébreu n’a pas encore mené des inves­ti­ga­tions cré­dibles et indé­pen­dantes sur "les sérieuses vio­la­tions du droit inter­na­tional" com­mises lors de son attaque "Plomb durci" du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.

Les experts demandent à Jéru­salem de lancer, en plus des enquêtes déjà menées, "des inves­ti­ga­tions cré­dibles et indé­pen­dantes sur les vio­la­tions du droit à la vie, l’interdiction de la torture, le sort des détenus et le droit à la liberté d’expression". "Tous les res­pon­sables, qu’ils soient mili­taires ou civils, doivent être inter­rogés et si néces­saire pour­suivis et sanc­tionnés", déclarent les experts.

Le comité des droits de l’Homme exige également de Jéru­salem de cesser ses exé­cu­tions extra­ju­di­ciaires d’individus sus­pectés d’actes ter­ro­ristes. Il demande que tous les agents de l’Etat res­pectent le principe de pro­por­tion­nalité dans leur réponse aux menaces et actes ter­ro­ristes et prennent toutes les pré­cau­tions nécessaires.

Le comité déplore en outre les res­tric­tions à la liberté de mou­vement des Pales­ti­niens, notamment en raison de la construction du "Mur" de sécurité, les mesures les privant de l’accès à l’eau et les des­truc­tions de maisons comme punition col­lective. Il demande à Israël d’autoriser la reprise du pro­gramme du CICR sur les visites des familles des détenus de Gaza.