L’Egypte bloque le convoi d’aide pour la Bande de Gaza

Al Jazeera, mardi 7 octobre 2008

Hosni Mubarak, le pré­sident égyptien, a déclaré lundi 6 octobre que l’Egypte ne rou­vrirait pas le passage tout pendant que le Hamas contrô­lerait la bande de Gaza.

La police égyp­tienne a bloqué le convoi de l’opposition trans­portant des four­ni­tures médi­cales jusqu’au passage de Rafah à la fron­tière de Gaza. Abdel Fatah Rizq, qui a aidé dans la coor­di­nation du convoi, a déclaré que la police avait arrêté 50 mili­tants lundi alors qu’ils ten­taient de se ras­sembler devant le Syn­dicat des Jour­na­listes dans le centre ville du Caire.

Le convoi se pré­parait pour un voyage de 300 km à travers le désert du Sinaï pour atteindre à la fron­tière palestinienne.

Un agent de sécurité, qui a choisi de parler sous ano­nymat, a déclaré qu’au moins 20 mani­fes­tants avaient été arrêtés après avoir été cernés par la police sur le lieu du départ du convoi.

"Des mili­tants de toutes les pro­vinces avaient prévu de rejoindre le convoi tout le long du trajet à travers le Sinaï jusqu’au point de passage de Rafah,’’ a déclaré Abdel Rizq.

La police a déclaré que trois membres des Frères Musulmans, le prin­cipal groupe d’opposition égyptien, ont été arrêtés au Canal de Suez dimanche soir, alors qu’ils essayaient d’atteindre la frontière.

14 autres mili­tants de Kefaya, un autre mou­vement d’opposition égyptien, ont été arrêtés à Rafah, également dimanche, alors qu’ils par­ti­ci­paient à une manifestation.

Beaucoup de Pales­ti­niens vivant à Gaza dépendent des pro­duits entrant en contre­bande par les pas­sages sou­ter­rains entre l’Egypte et la bande de Gaza.

Israël affirme que les tunnels sont uti­lisés pour la contre­bande d’armes et d’explosifs, après avoir bouclé la bande côtière après que le Hamas ait pris le pouvoir dans la bande de Gaza en Juin 2007.

Bouclage permanent

On compte parmi les mili­tants des juges, des membres indé­pen­dants du Par­lement, des membres des Frères Musulmans et d’autres partis qui veulent pro­tester contre la fer­meture du point de passage de Rafah par Israël et l’Égypte.

La police a ins­tallé des check­points sur la route entre Ismailiya et la ville d’El Arish dans le nord du Sinaï, située à 45km de Rafah, où seuls les habi­tants sont auto­risés à entrer, a déclaré un agent de sécurité.

Le mois dernier, la police a déjà bloqué un convoi qui se diri­geait vers le poste fron­tière de Rafah, la seule sortie vers le monde exté­rieur de Gaza qui ne soit pas sous le contrôle d’Israël.

La sym­pathie pour les Pales­ti­niens bloqués dans la bande de Gaza par l’Égypte et Israël est forte parmi les Egyptiens.

L’Egypte autorise occa­sion­nel­lement l’entrée et la sortie de la bande de Gaza, mais elle a refusé d’ouvrir le point de passage de Rafah de façon permanente.

Hosni Mubarak, le pré­sident égyptien, a déclaré lundi que l’Egypte ne rou­vrirait pas le passage tout pendant que le Hamas contrô­lerait la bande de Gaza.

Les médias d’Etat ont cité Mou­barak disant : "Nous sommes tou­jours engagés dans l’accord de 2005 », en faisant réfé­rence à l’accord selon lequel l’Autorité Pales­ti­nienne, Israël et des obser­va­teurs de l’Union Euro­péenne super­visent le point de passage de Rafah.