L’Autorité palestinienne reporte les élections

AFP, vendredi 13 novembre 2009

Le report des élec­tions sur­vient alors que l’Autorité pales­ti­nienne tra­verse une sérieuse crise poli­tique après la décision de M. Abbas de ne pas sol­li­citer de deuxième mandat pré­si­dentiel lors des pro­chaines élec­tions, en raison de l’enlisement des pour­parlers de paix.

L’Autorité pales­ti­nienne a décidé jeudi de reporter indé­fi­niment les élec­tions géné­rales prévues en janvier pro­chain en raison de l’impossibilité de les tenir dans la bande de Gaza, contrôlée par le mou­vement isla­miste Hamas. "J’ai le regret d’annoncer mal­heu­reu­sement que les élec­tions seront reportées" indé­fi­niment, a déclaré le chef de la com­mission élec­torale, Hanna Nasser, lors d’une confé­rence de presse à Ramallah (Cis­jor­danie). "Il est devenu pour nous évident que les élec­tions dans la bande de Gaza n’auront pro­ba­blement pas lieu", a reconnu M. Nasser. Fin octobre, le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas avait convoqué des élec­tions légis­la­tives et pré­si­den­tielle pour le 24 janvier 2010 dans tous les Ter­ri­toires palestiniens.

Tou­tefois, le Hamas, qui gou­verne la bande de Gaza depuis juin 2007, avait aus­sitôt annoncé qu’il inter­dirait la tenue du scrutin dans ce ter­ri­toire, estimant que la décision de M. Abbas était "illégale et incons­ti­tu­tion­nelle". Le Hamas en effet conteste la légi­timité de M. Abbas, en arguant qu’aux termes de la Loi fon­da­mentale pales­ti­nienne, son mandat pré­si­dentiel de quatre ans a expiré depuis janvier 2009. Vain­queur des der­nières élec­tions de 2006, le mou­vement isla­miste avait aussi excipé du fait que ces élec­tions "inter­viennent sans accord national" de récon­ci­liation entre les deux prin­ci­pales fac­tions palestiniennes.

"La décision de la com­mission élec­torale pales­ti­nienne est natu­relle et attendue car les condi­tions n’étaient pas réunies pour le succès de ces élec­tions", s’est félicité un porte-​​parole du Hamas, Abou Zouhri. L’Autorité pales­ti­nienne et le mou­vement isla­miste sont à cou­teaux tirés depuis que le Hamas s’est emparé par la force de la bande de Gaza en juin 2007, délo­geant ses rivaux du Fatah (dirigé par M. Abbas), après 18 mois de coexis­tence hou­leuse au pouvoir.

Les deux camps ont ouvert en février 2009 un dia­logue de récon­ci­liation sous l’égide de l’Egypte, mais ne sont pas par­venus à s’entendre jusqu’ici. Un accord, mis au point par le Caire et signé par le seul Fatah, prévoit de reporter la tenue des élec­tions au 28 juin 2010. Lors d’un dis­cours mer­credi à l’occasion du 5e anni­ver­saire de la mort du leader his­to­rique Yasser Arafat, le pré­sident Abbas avait une nou­velle fois "tendu la main" au Hamas pour une "récon­ci­liation nationale", une offre aus­sitôt rejetée.

Le report des élec­tions sur­vient alors que l’Autorité pales­ti­nienne tra­verse une sérieuse crise poli­tique après la décision de M. Abbas de ne pas sol­li­citer de deuxième mandat pré­si­dentiel lors des pro­chaines élec­tions, en raison de l’enlisement des pour­parlers de paix.