Jérusalem, toujours un enjeu pour la paix

Michel Paul, RFI., mardi 20 novembre 2007

A quinze jours de la réunion d’Annapolis, aux Etats-​​Unis, réunion censée relancer le pro­cessus de paix entre Israé­liens et Pales­ti­niens, la Knesset vient d’adopter un projet de loi sur le statut de la Ville Sainte.

Un texte initié par le Likoud, pour rendre plus dif­ficile encore la remise en cause du statut de Jéru­salem comme capitale éter­nelle et indi­vi­sible de l’Etat hébreux. Ce projet de loi prévoit que tout éventuel com­promis sur Jéru­salem, avec les Pales­ti­niens, soit approuvé par une majorité de 80 députés sur un total de 120 à la Chambre.

La droite israé­lienne accuse Ehud Olmert de brader Jéru­salem, et c’est dans ce contexte que le Likoud, à quelques jours de la ren­contre d’Annapolis, entend rendre les choses plus dif­fi­ciles au Premier ministre israélien.

La Knesset a adopté en lecture pré­li­mi­naire, un projet de loi qui impose une majorité qua­lifiée des deux tiers des 120 députés de la Knesset, au lieu d’une majorité simple, pour modifier la légis­lation actuelle, qui stipule que l’ensemble de Jéru­salem est la capitale éter­nelle et indi­vi­sible d’Israël.

La partie orientale de Jéru­salem que les Pales­ti­niens reven­diquent également comme la capitale de leur futur Etat, a été conquise durant la guerre de 1967 par les Israé­liens, qui ont pro­clamé, dans la foulée, leur sou­ve­raineté sur la ville.

Pour avoir force de loi, ce texte devra encore subir 3 lec­tures, et cela pourrait prendre des mois. Mais le signal est clair, d’autant qu’une partie des députés de la coa­lition gou­ver­ne­mentale a voté en sa faveur.

Ehud Olmert l’a répété ces der­niers temps : des conces­sions devront être faites à Jéru­salem et en Cis­jor­danie. Haïm Ramon, son numéro 2, a même parlé d’un nouveau partage de la ville, mais le gou­ver­nement aura des dif­fi­cultés à trouver, le moment venu, une majorité pour tra­duire dans les faits, ses déclarations.