Jérusalem dans l’impasse

Morsi Attalla, vendredi 20 juin 2008

Les Pales­ti­niens doivent "dire aux Israé­liens que malgré les chan­ge­ments démo­gra­phiques qu’ils ont pro­duits à Jéru­salem, il est impos­sible de par­venir à un règlement final sans que ce règlement n’inclue clai­rement une formule déter­minée reflétant la sou­ve­raineté pales­ti­nienne sur le Jéru­salem arabe".

Israël a tou­jours eu pour objectif de pro­voquer un chan­gement radical dans la structure démo­gra­phique de la ville de Jéru­salem de façon à ce que le nombre de juifs soit supé­rieur au nombre de Pales­ti­niens, en par­ti­culier dans Jérusalem-​​Est. L’Etat hébreu tente de réa­liser cet objectif par l’intermédiaire de pro­cé­dures et de déci­sions intran­si­geantes qui octroient des faci­lités sans fin aux habi­tants juifs et qui, en même temps, imposent des res­tric­tions sans limites aux habi­tants arabes.

Donc, l’objectif d’Israël est de pro­duire le plus rapi­dement pos­sible des chan­ge­ments géo­gra­phiques globaux qui mènent à une modi­fi­cation totale des aspects de la Ville sainte. Et ce, par une conden­sation affreuse des colonies, de façon à ce qu’il soit impos­sible de redi­viser la ville. C’est ainsi qu’une nou­velle réalité sera imposée sous une hégé­monie israé­lienne à la lumière de nou­velles données géo­gra­phiques et humaines.

L’objectif d’Israël est aussi de ter­ro­riser les habi­tants arabes de Jéru­salem, en exerçant des pres­sions contre eux par les moyens légi­times et illé­gi­times de façon à les obliger à quitter la ville et à vendre leurs pro­priétés. C’est-à-dire leurs terres, leurs magasins et leurs maisons. Et quand les Pales­ti­niens ont résisté face à cette poli­tique israé­lienne, insistant à rester dans leur ville, Israël a eu recours à la confis­cation des pro­priétés et des terres. L’occupant a également dressé des obs­tacles face à l’action du travail et du com­merce dans le secteur Est de la ville. Par consé­quent, il y a aujourd’hui une dif­fé­rence énorme entre les niveaux de vie et les taux de crois­sance dans les deux parties de la ville. Les juifs vivent dans une opu­lence excessive et les Arabes dans une pénurie mortelle !

Il est donc temps que le négo­ciateur pales­tinien adresse un message clair et précis aux Israé­liens. L’objectif de ce message est de dire aux Israé­liens que malgré les chan­ge­ments démo­gra­phiques qu’ils ont pro­duits à Jéru­salem, il est impos­sible de par­venir à un règlement final sans que ce règlement n’inclue clai­rement une formule déter­minée reflétant la sou­ve­raineté pales­ti­nienne sur le Jéru­salem arabe.

Si les pro­cé­dures de judaï­sation ont imposé une majorité juive dans le Jéru­salem arabe, le grand Jéru­salem qui com­prend Ramallah et Bethléem, et qui constitue le pro­lon­gement naturel de n’importe quel élar­gis­sement à l’avenir, peut réa­liser l’équilibre requis entre les habi­tants arabes et les habi­tants juifs dans le cadre de n’importe quel règlement probable.

Si cer­tains disent que les colonies israé­liennes à Jéru­salem consti­tuent un obs­tacle sur la voie d’un règlement efficace visant à réins­taurer la sou­ve­raineté arabe du secteur Est de la ville, la réponse est la sui­vante : Pourquoi ne pas faire de ces colonies une partie des indem­ni­sa­tions qu’Israël doit au peuple pales­tinien selon les réso­lu­tions de l’Onu pro­mul­guées en 1948 concernant le droit de rapa­triement et d’indemnité ?

Pourquoi ne pas faire ensuite de ce qui est appliqué sur Jéru­salem une intro­duction pour résoudre le pro­blème des colonies sur tous les ter­ri­toires occupés, s’il est vraiment question d’une paix réelle et d’une coexis­tence sincère pendant les siècles prochains ?

Peut-​​être que réside ici l’importance de la pro­po­sition pales­ti­nienne qui consiste à ce que Jéru­salem soit la capitale de deux Etats : un Etat pales­tinien et un Etat juif. Cette solution n’est pas seulement valable pour Jéru­salem, mais peut aussi constituer le début d’une solution équi­librée pour le conflit tout entier.