"Je demande la suspension de l’accord d’association avec Israël"

Michel Teston, Sénateur, Président du Conseil général d’Ardèche., vendredi 24 février 2006

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La cam­pagne de pétition contre le Mur continue et elle gagne les élus à tous les niveaux. Elle permet d’exprimer à la fois le refus par la société fran­çaise de ce mons­trueux édifice, mais aussi l’exigence d’exercer la pression néces­saire sur le pouvoir israélien qui méprise com­plè­tement l’avis de la CIJ qui en demande le déman­tè­lement. Der­nière en date des prises de position de nom­breux élus : celle du sénateur Michel Teston, Pré­sident du Conseil général de l’Ardèche.

Mon­sieur le Premier Ministre, J’ai l’honneur d’appeler votre attention sur l’atteinte au droit inter­na­tional que repré­sente la pour­suite, par l’Etat d’Israël, de la construction d’un réseau de murs autour des ter­ri­toires pales­ti­niens de Cis­jor­danie. La caractère illicite de ces murs a en effet été reconnu par la Cour Inter­na­tionale de Justice (CIJ) dans un avis rendu en date du 9 juillet 2004, à la demande l’Organisation des Nations Unies (ONU). Dans cet avis, la CIJ déclere expres­sément cette édifi­cation contraire au droit inter­na­tional ; elle réclame, de plus, la ces­sation immé­diate des travaux et le déman­tè­lement des ouvrages et demande à tous les Etats de ne pas recon­naître la situation illicite découlant de cette construction. Prenant acte de cet avis, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté une réso­lution en date du 20 juillet 2004 par laquelle elle exige qu’Israël s’acquitte de ses obli­ga­tions juri­diques telles qu’énoncées dans l’avis consul­tatif. En dépit de ces déci­sions, à ce jour, Israël poursuit la construction de ces murs. Dans ce contexte, je sou­haite que la France, qui inscrit sa diplo­matie dans le respect et la défense du droit inter­na­tional, entre­prenne une action éner­gique auprès de la com­mu­nauté inter­na­tionale afin de par­venir à faire cesser cette construction. Premier par­te­naire écono­mique d’Israël, l’Union Euro­péenne a conclu le 20 novembre 1995 un accord d’association avec cet Etat, entré en vigueur le 1er juin 2000. Aux termes de l’article 2 de cet accord, son appli­cation est condi­tionnée au respect des traités et conven­tions inter­na­tio­nales par Israël. L’Union Euro­péenne dispose donc d’un fort moyen de pression, sus­cep­tible d’inciter le gou­ver­nement israélien à se conformer à l’avis rendu par la CIJ.

Aussi, je sou­haite que votre gou­ver­nement :
- condamne fer­mement l’édification de ces murs qui, sous l’appelation de « clôture de sécurité », recouvrent une nou­velle annexion de ter­ri­toires pales­ti­niens ; propose au Conseil de Sécurité de l’ONU la mise en oeuvre de tous les moyens pour faire appliquer la réso­lution du 20 juillet 2004 ;
- inter­vienne auprès de l’Union Euro­péenne en faveur de la sus­pension de l’accord d’association avec Israël, tant que ne cessera pas la construction de ces murs. Je vous transmets avec ce courrier des péti­tions allant dans le sens de ma demande, et regroupant près de 300 signa­tures recueillis en Ardèche. Je vous prie d’agréer, Mon­sieur le Premier Ministre, l’expression de ma consi­dé­ration distinguée.

Michel Teston, Sénateur, Président du Conseil général d’Ardèche.