Israël va fermer hermétiquement Gaza par un mur sous la mer

Conal Urquhart, vendredi 24 juin 2005

Les Pales­ti­niens s’inquiètent du projet de la marine israé­lienne qui vise à pré­venir les entrées de kami­kazes en ins­tallant une immense bar­rière allant de la plage jusque dans la mer.

La marine israé­lienne prévoit de construire une bar­rière de sécurité sous marine autour de Gaza afin d’empêcher les Pales­ti­niens d’entrer en Israël par la mer a-​​t-​​on annoncé hier.

La bar­rière doit empêcher les nageurs, les radeaux ou les petits bateaux d’aller de Gaza jusqu’à la côte israé­lienne sans être vus.

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Gaza, 2003
Un jeune Palestinien a mené son cheval dans la mer.

La marine dit qu’elle avait pré­cé­demment compté sur les radars et les posi­tions d’observation dans la Bande de Gaza mais que ceux-​​ci allaient être évacués plus tard dans l’année en même temps que les autres bases mili­taires et les colonies.

Selon les nou­veaux rap­ports, la bar­rière consistera en un mur de 150 mètres et d’une bar­rière de 800 mètres allant de la plage jusque dans la Méditerranée.

La bar­rière aura 1.80 mètres de haut et se tiendra juste sous la surface. Des détec­teurs élec­tro­niques détec­teront tout mou­vement sous la bar­rière et au dessus.

Israël est obligé de s’assurer que la bar­rière se trouve dans ses propres eaux ter­ri­to­riales sinon il risque d’être accusé de main­tenir indi­rec­tement son occu­pation mili­taire à Gaza et ce malgré son retrait anticipé des colonies dans la région.

En novembre dernier, un Pales­tinien a été tué par des tirs israé­liens alors qu’il nageait vers les colonies de Gush Katif à Gaza avec un radeau trans­portant des explosifs, un fusil et des grenades.

Il y a eu plu­sieurs ten­ta­tives pales­ti­niennes de lancer des attaques par mer à partir de Gaza mais aucune n’a réussi. Cette tac­tique avait été uti­lisée avec plus de succès jusqu’en 1982 par l’OLP à l’époque ou elle était basée à Bey­routh et le long de la côte libanaise.

La marine israé­lienne sur­veille constamment la côte de Gaza et envoie pério­di­quement des bateaux près de la côte pour tirer sur les cibles. La flotte de pêche de Gaza qui consiste en des cen­taines de petits bateaux, est sur­veillée de près et est souvent confinée dans le port quand la tension s’accroît.

Une porte-​​parole de la marine israé­lienne dit : « Afin de pro­téger le front israélien et afin d’empêcher des infil­tra­tions de ter­ro­ristes via la mer, la marine est en train d’établir un système de sécurité qui pourra arrêter de telles infil­tra­tions et qui donnera l’alerte aux forces de sécurité pour qu’elles puissent les stopper. La zone prévue pour ce système est près de la côte nord de la Bande de Gaza. »

La porte-​​parole dit que la bar­rière consistera en « éléments en-​​dessous et au-​​dessus de l’eau » et com­prendra des dis­po­sitifs de détection élec­tro­nique. Elle ajoute que la marine avait conclu que la bar­rière ne pro­vo­querait pas de pro­blèmes environnementaux.

Gaza est déjà tota­lement encerclée par des bar­rières et par consé­quence très peu d’infiltrations en Israël ont eu lieu. Contrai­rement aux murs et aux bar­rières en Cis­jor­danie, la bar­rière de Gaza est construite sur la fron­tière Gaza-​​Israël et non sur le ter­ri­toire palestinien.

Deux musulmans bri­tan­niques ont un jour fait passer des explosifs de Gaza en passant par le point de passage d’Erez et l’année der­nière, deux habi­tants de Gaza ont réussi à s’infiltrer dans un conteneur naval dans un port israélien via un ter­minal de marchandises.

Gaza est l’un des endroits les plus sur­peuplés du monde avec environ 1.3 mil­lions de Pales­ti­niens vivant sur 60% de la Bande de Gaza et 8.000 colons juifs vivant sur les autres 40%.

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Colon sur la plage à Gaza, 24 mai 2005

Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a décidé que c’était dans l’intérêt d’Israël de retirer ses colonies à Gaza.

Il y a néan­moins une crainte que Gaza ne devienne tout sim­plement qu’une grande prison dont Israël contrôlera le ciel, la terre et l’accès à la mer.

Les res­pon­sables pales­ti­niens disent que la méthode israé­lienne qui consiste à construire un mur ou une bar­rière pour résoudre les pro­blèmes est vouée à l’échec.

« J’espère que la men­talité israé­lienne, qui est d’ériger des bar­rières, va arrêter » dit le négo­ciateur Saeb Erekat. « Ils ont main­tenant des bar­rières sur terre et demain des bar­rières dans la mer et les jours sui­vants, des bar­rières dans le ciel. Quoi encore ? Est-​​ce qu’ils construiront une bar­rière autour de chaque maison palestinienne ? »

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Mur au sud de la Bande de Gaza

« Cette poli­tique est mau­vaise. C’est une poli­tique aveugle. La réponse à toutes ces dif­fi­cultés sécu­ri­taires est un pro­cessus de paix constructif, qui construise des ponts avec les Pales­ti­niens et qui mette fin à l’occupation ».