Israël : un chef de l’opposition veut séparer Israéliens et Palestiniens

En Israël, le chef du parti travailliste et leader de l’opposition de centre gauche, propose une solution radicale pour faire face à la vague de violences actuelles à Jérusalem, en Israël et dans les territoires palestiniens. Yitzhak Herzog préconise notamment d’installer de nouvelles barrières pour séparer les Palestiniens des Israéliens.

RFI, jeudi 11 février 2016

Vue de la colonie juive de Pisgat Zeev depuis le mur de séparation à Jérusalem. Ahmad Gharabli/AFP

Le langage tout sécuritaire est généralement l’apanage du gouvernement israélien, dominé par une droite radicale. Mais aujourd’hui, c’est le leader de l’opposition de centre gauche qui propose un plan de séparation drastique entre Israéliens et Palestiniens, afin de contrer la vague de violences actuelles.

« Nous souhaitons une solution à deux Etats, israélien et palestinien, c’est notre vision pour l’avenir, affirme Yitzhak Herzog. Mais nous devons être réalistes, la paix n’est pas pour demain. Ce que nous devons faire, pour l’instant c’est de nous séparer des Palestiniens au maximum. (...) Certains événements tragiques que nous avons subis ces derniers mois se sont passés parce qu’il n’y avait pas de barrière. Personne n’aime les barrières, mais au final, nous devons protéger nos vies. »

Yitzhak Herzog propose d’ériger une barrière de sécurité là où elle n’est pas encore présente, en Cisjordanie. Il souhaite aussi séparer Jérusalem de « villages arabes environnants », dit-il. Certains quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, la partie orientale de la ville annexée et occupée par Israël, pourraient en fait se retrouver derrière un mur.

« Une vision de cauchemar pour les Palestiniens »

« Penser qu’Issawiya ou le camp de réfugiés de Shuafat (quartiers de Jérusalem-Est, ndlr) font partie de Jérusalem est ridicule », affirme Yitzhak Herzog. Il souhaiterait les séparer, avec d’autres quartiers, du reste de Jérusalem, pourquoi pas par une barrière. Le camp de réfugiés de Shuafat est en réalité déjà derrière le mur de séparation actuel.

« C’est une vision de cauchemar pour les Palestiniens », analyse Ofer Zalzberg, expert à l’International Crisis Group à Jérusalem. Il imagine mal qu’un certain nombre de Palestiniens de Jérusalem-Est « se retrouvent derrière un mur et ne puissent plus aller par exemple prier à la Mosquée al Aqsa, en vieille ville ».

C’est aussi un plan « irréaliste » pour l’instant, selon Ofer Zalzberg « d’abord parce Herzog n’est pas encore Premier ministre » et aussi parce que la barrière ou le mur de séparation déjà construit « a montré qu’il n’était pas efficace » pour arrêter les attaques.