Israël s’entête à poursuivre la colonisation en Cisjordanie

Françoise Germain-​​Robin, samedi 6 février 2010

Benyamin Neta­nyahou, qui s’est dit prêt à négocier avec les Pales­ti­niens, assure cependant en même temps que des colonies de Cis­jor­danie seront annexées au ter­ri­toire israélien.

Benyamin Neta­nyahou a évoqué mardi (2 février), lors de la confé­rence sur la sécurité nationale d’Herzliya, une reprise des négo­cia­tions avec les Pales­ti­niens « sans condi­tions préa­lables ». Dans la bouche du premier ministre israélien, le « sans condi­tions préa­lables » s’adresse bien évidemment à l’Autorité pales­ti­nienne, qui exige un gel complet de la colo­ni­sation, y compris à Jéru­salem. Les Pales­ti­niens sont donc invités à négocier sur la base d’une situation de fait accompli, et ce d’autant que le 29 janvier M. Neta­nyahou n’avait laissé planer aucun doute sur ses inten­tions, expli­quant que, dans le cadre d’un accord de paix, des colonies — il a cité celle d’Ariel — seront inté­grées à Israël. Pré­cisant : « Notre message est clair, en plantant un arbre ici, nous signi­fions que nous res­terons ici ! »

Présent à cette confé­rence dont le dis­cours d’ouverture a été pro­noncé par Domi­nique Strauss-​​Kahn (directeur du FMI), le premier ministre pales­tinien, Salam Fayyad, a évité de polé­miquer, axant son inter­vention sur le pro­gramme de déve­lop­pement de l’Autorité pales­ti­nienne visant à créer, sans attendre, un État pales­tinien. La réponse aux propos de Neta­nyahou est donc venue de Nabil Abou Rdainah, porte-​​parole de l’Autorité, condi­tionnant une nou­velle fois la reprise des négo­cia­tions à un gel total de la colonisation.

En résumé, l’impasse paraît totale. Aucune issue ne semble en vue après que la mission de l’émissaire amé­ricain George Mit­chell se soit soldée par un nouvel échec. Qui plus est, aux menaces de sanc­tions finan­cières brandies par Washington à l’endroit d’Israël pour le contraindre à arrêter la colo­ni­sation et négocier, ce dernier a répondu par un bras d’honneur. Au point de sus­citer une vive inquiétude de l’ancien directeur du Congrès juif mondial Henry Siegman qui, dans un appel à Barack Obama à ne pas capi­tuler, écrivait : « Israël s’est employé sans relâche à créer un fait accompli en Cis­jor­danie occupée, et cette poli­tique, qui se poursuit en vio­lation du gel pourtant limité des implan­ta­tions auquel s’est engagé le premier ministre Neta­nyahou, semble avoir réussi à rendre son projet de colo­ni­sation irré­ver­sible. »…
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« Plus aucun soutien à l’occupation israélienne ! »

C’est l’appel des Juifs euro­péens pour une paix juste (EJJP), qui se réunis­saient en congrès le week-​​end dernier à Paris. Samedi soir, en pré­sence de l’ambassadeur Ste­phane Hessel et d’Omar Soumi, de Géné­ration Palestine, ils ont lancé l’idée d’un « réseau non seulement européen mais mondial » pour exiger d’Israël l’application du droit inter­na­tional à l’égard des Pales­ti­niens, et de l’Europe qu’elle mette fin à toute com­plicité avec la colo­ni­sation et le blocus.

Comme moyens d’action, l’EJJP prône le ral­liement à la cam­pagne « Boycott, dés­in­ves­tis­sement, sanc­tions » selon des moda­lités propres à chaque pays, le soutien au rapport Gold­stone sur les crimes de guerre à Gaza, l’arrestation ou l’expulsion des cri­minels par les pays de l’UE.

Elle sou­tient toute per­sonne menacée pour avoir osé cri­tiquer Israël. Elle appelle à par­ti­ciper aux mani­fes­ta­tions de soli­darité avec le peuple pales­tinien comme celles de samedi à Paris et en Belgique.