Israël : pour le chef de la police, les Ethiopiens sont « naturellement suspects »

Une nouvelle controverse a éclaté en Israël après des propos du chef de la police dirigés contre les membres de la communauté juive éthiopienne. Selon Roni Alsheikh, les Falashas, comme les autres immigrés, les Arabes israéliens et les Palestiniens de Jérusalem-Est, tombent plus fréquemment dans la délinquance.

Michel Paul, RFI, jeudi 1er septembre 2016

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Heurts entre forces de l’ordre et manifestants après une mobilisation d’Israéliens d’origine éthiopienne contre les violences policières, le 30 avril 2015. REUTERS/Ronen Zvulun

Le chef de la police israélienne, Roni Alsheikh, l’a proclamé lors d’un congrès de juristes à Tel-Aviv. « Toutes les études criminologiques du monde le prouvent : les immigrés sont plus souvent impliqués dans des affaires criminelles que les autres et ce n’est pas surprenant », a-t-il déclaré. Il a immédiatement reçu le soutien du ministre israélien de la Sécurité publique, Gilad Erdan.

Mais ces propos ont provoqué un tollé au sein de la communauté éthiopienne. « Le chef de la police reconnaît ouvertement qu’Israël est un pays raciste », affirme un député d’origine éthiopienne qui demande des excuses de la part de Roni Alsheikh. A gauche, on réclame la démission du chef de la police qui depuis sa nomination il y a un an a multiplié les bévues.

Bavures policières

La police israélienne a tenté, sans vrai succès, de rectifier le tir en affirmant que les remarques avaient été prononcées dans le but de corriger et d’améliorer les relations avec la police et qu’elles s’adressaient aussi à d’autres groupes ethniques, comme les Arabes israéliens et les Palestiniens de Jérusalem-Est qui sont en contact avec des policiers israéliens.

Quelque 135 000 juifs d’origine éthiopienne vivent en Israël, dont 50 000 sont nés sur le sol de l’Etat hébreu. Ils accusent la police de violences et d’agressions contre les membres de la communauté. L’année dernière, une série de manifestations dans tout le pays avait été déclenchée par une vidéo montrant une agression policière contre un soldat israélien éthiopien.