Israël pose ses conditions pour une trêve à Gaza

l’Orient le Jour, mardi 13 mai 2008

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a en effet lié une éven­tuelle trêve à des progrès en vue de la libé­ration d’un soldat israélien capturé par un com­mando pales­tinien en 2006 à la lisière de Gaza

Israël a posé hier ses condi­tions pour un arrêt de ses attaques dans la bande de Gaza auprès du chef des ren­sei­gne­ments égyp­tiens, Omar Sou­leimane, venu pro­mouvoir une trêve entre les groupes armés pales­ti­niens et l’armée israélienne.

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a en effet lié une éven­tuelle trêve à des progrès en vue de la libé­ration d’un soldat israélien capturé par un com­mando pales­tinien en 2006 à la lisière de Gaza, et à l’arrêt de la contre­bande d’armes vers le ter­ri­toire pales­tinien depuis le Sinaï égyptien voisin, selon un haut res­pon­sable israélien. « Le Premier ministre a demandé au général Sou­leimane d’obtenir une réponse des fac­tions pales­ti­niennes à ces condi­tions », a déclaré le res­pon­sable à l’AFP. M. Olmert ne convo­quera pas son cabinet de sécurité pour enté­riner la trêve avant d’obtenir satis­faction de ces condi­tions, a ajouté le responsable.

L’émissaire égyptien tente de rallier les res­pon­sables israé­liens à un projet de trêve dans la bande de Gaza négocié par l’entremise de l’Égypte et auquel les prin­cipaux groupes armés pales­ti­niens, y compris le Hamas, avaient donné leur accord fin avril. L’armée israé­lienne mène des attaques quasi quo­ti­diennes dans la bande de Gaza et impose un blocus à ce ter­ri­toire, contrôlé par le Hamas depuis juin 2007, en repré­sailles aux tirs quo­ti­diens de roquettes pales­ti­niennes sur des loca­lités du sud d’Israël.

Outre M. Olmert, le général Sou­leimane s’est entretenu avec le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, et la chef de la diplo­matie, Tzipi Livni. M. Barak a averti lors des dis­cus­sions qu’Israël « sera amené à lancer une vaste opé­ration à Gaza si les tirs de roquettes ne cessent pas », selon un com­mu­niqué de son bureau.

Outre la fin des attaques israé­liennes, le Hamas s’attend en contre­partie à un arrêt des tirs de roquettes à la levée du blocus imposé par Israël et la réou­verture des points de passage, notamment celui de Rafah à la fron­tière avec l’Égypte. Jusqu’à présent, Israël s’est montré scep­tique et a réservé sa réponse, crai­gnant de voir le Hamas la mettre à profit pour se réarmer.

À Gaza, l’un des prin­cipaux chefs du Hamas, Mahmoud Zahar, a répété que tout accord de trêve devrait se tra­duire par « l’arrêt de toutes les formes d’agressions contre notre peuple et la levée du blocus imposé à Gaza et le reste des ter­ri­toires pales­ti­niens ». « Nous espérons que la partie israé­lienne entendra raison et mettra fin à ses agres­sions et à son blocus », a-​​t-​​il dit lors d’une confé­rence de presse.

Le Hamas exige la libé­ration de cen­taines de pri­son­niers pales­ti­niens en échange de celle du soldat israélien (Gilad Shalit). Des négo­cia­tions sur un échange, également menées par l’entremise de l’Égypte, sont dans l’impasse [1]. « Je suis prêt à relâcher des pri­son­niers (pales­ti­niens), y compris des meur­triers, contre Shalit. Il faut faire le maximum à cette fin », a déclaré le ministre israélien des Trans­ports, Shaoul Mofaz, se référant aux Pales­ti­niens impliqués dans des attentats anti-​​israéliens meur­triers. Alors que le général Sou­leimane entamait sa mission en Israël, deux roquettes tirées depuis la bande de Gaza se sont abattues sur un quartier de la ville côtière d’Ashkélon sans faire de victime. Ces tirs ont été reven­diqués à Gaza par le mou­vement radical Jihad isla­mique. Le Jihad isla­mique, qui reven­dique régu­liè­rement des tirs de roquettes, a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne signerait pas un accord de trêve mais ne serait pas un obs­tacle à son application.

[1] voir aussi l’AFP, publié sur la Libre Belgique :

Le Hamas refuse de libérer Shalit

L’armée israé­lienne mène des attaques quasi-​​​​quotidiennes dans la bande de Gaza et impose un blocus à ce ter­ri­toire, contrôlé par le Hamas depuis juin 2007.

Le mou­vement isla­miste Hamas a exclu mardi de libérer le soldat israélien Gilad Shalit détenu dans la bande de Gaza, dans le cadre d’un éventuel accord de trêve comme l’exige Israël. "Celui qui pense que la question de Shalit sera réglée sans contre­partie se trompe tota­lement (…) La question d’un échange de pri­son­niers est tota­lement séparée de celle de la trêve", a affirmé le plus influent des chefs du Hamas dans la bande de Gaza, Mahmoud Zahar.

Lundi, lors d’une visite en Israël du chef des ser­vices de ren­sei­gnement égyp­tiens Omar Sou­leimane, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a lié une éven­tuelle trêve à des progrès en vue de la libé­ration du soldat israélien, capturé par un com­mando pales­tinien en 2006 à la lisière de Gaza. L’émissaire égyptien tente de rallier les res­pon­sables israé­liens à un projet de trêve dans la bande de Gaza négocié par l’entremise de l’Egypte et auquel les prin­cipaux groupes armés pales­ti­niens, y compris le Hamas, avaient donné leur accord fin avril.

Mahmoud Zahar a répété les "exi­gences" des groupes pales­ti­niens pour par­venir à une "accalmie" : "l’arrêt des agres­sions et la fin de toutes les formes de siège contre le peuple pales­tinien". "Si Israël n’accepte pas la trêve, nous nous défen­drons et per­sonne ne pourra écraser la résis­tance", a-​​​​t-​​​​il averti.

L’armée israé­lienne mène des attaques quasi-​​​​quotidiennes dans la bande de Gaza et impose un blocus à ce ter­ri­toire, contrôlé par le Hamas depuis juin 2007, en repré­sailles aux tirs de roquettes pales­ti­niennes sur des loca­lités du sud d’Israël. Outre la fin des attaques israé­liennes, le Hamas s’attend en contre­partie à un arrêt des tirs roquettes à la levée du blocus imposé par Israël et la réou­verture des points de passage, notamment celui de Rafah à la fron­tière avec l’Egypte.

Israël exige de son côté des avancées sur la question de Gilad Shalit, la fin des attaques à la roquette ou au mortier des groupes armés pales­ti­niens contre son ter­ri­toire ainsi que l’arrêt de la contre­bande d’armes entre la péninsule égyp­tienne du Sinaï et la bande de Gaza. http://​www​.lalibre​.be/​a​c​t​u​/​m​o​n​d​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​420849​/​l​e​-​h​a​m​a​s​-​r​e​f​u​s​e​-​d​e​-​l​i​b​e​r​e​r​-​s​h​a​l​i​t​.html