Israël pointé du doigt par l’OMS

Michel Paul, jeudi 3 avril 2008

L’Organisation mon­diale de la santé, l’OMS, dénonce la poli­tique israé­lienne consistant à empêcher ou entraver les soins à des malades pales­ti­niens de la bande de Gaza. Des Pales­ti­niens attendent parfois indé­fi­niment pour pouvoir franchir les bar­rages et se rendre dans des hôpitaux israéliens.

Selon l’OMS, cette poli­tique a causé la mort de 32 patients entre octobre 2007 et mars 2008. La bande de Gaza, contrôlée par le mou­vement isla­miste Hamas depuis la juin 2007, est sous le coup d’un blocus imposé par Israël ce qui a pro­voqué une nette dété­rio­ration des ser­vices médicaux de Gaza. L’OMS qua­lifie cette poli­tique d’une « punition col­lective contre les plus faibles ».

L’Organisation mon­diale de la santé (OMS) cri­tique sévè­rement Israël pour son refus d’octroyer des laissez-​​passer à des malades pales­ti­niens de Gaza.

Le res­pon­sable de l’OMS pour les Ter­ri­toires pales­ti­niens, Ambrogio Manenti, a même relevé plu­sieurs cas de patients décédés en attendant un permis pour recevoir des soins en Israël. « C’est absurde, inhumain, et au final, tra­gique », a-​​t-​​il souligné.

Lors d’une confé­rence de presse à Jéru­salem, Mon­sieur Manenti a notamment cité le cas d’un enfant de 9 ans, Amir al-​​Yajzi, qui a suc­combé d’une méningite fou­droyante à l’hôpital de Gaza en novembre dernier, après plu­sieurs jours d’attente pour un laissez-​​passer.

Cauchemar

L’OMS déplore par ailleurs le manque d’équipements et de pro­duits médicaux dans les hôpitaux pales­ti­niens, notamment ceux de Gaza. Résultat : les malades doivent être trans­férés dans des établis­se­ments israéliens.

Une pro­cédure qua­lifiée de « cau­chemar » par le délégué de l’organisation. « C’est une véri­table punition col­lective contre les plus faibles », estime Mon­sieur Manenti.

Réaction israé­lienne : les demandes de transfert sont exa­minées au cas par cas. Les Israé­liens font remarquer que l’hôpital d’Ashkelon, où sont hos­pi­ta­lisés de nom­breux Gazaouis, a été la cible de tirs de roquettes, et qu’à plu­sieurs reprises, des ambu­lances trans­portant des malades vers Israël ont servi à passer des armes et des explosifs.