Israël ou le silence complice des dirigeants occidentaux

Pierre Barbancey, vendredi 21 mars 2008

Lors de sa visite en Israël, la chan­ce­lière alle­mande, Angela Merkel, a expliqué que, « vu sa res­pon­sa­bilité pour la Shoah, le gou­ver­nement allemand (…) sou­ligne sa déter­mi­nation à bâtir un avenir » avec Israël. Soit.

Mais faut-​​il pour cela que cet avenir se fasse au détriment du peuple pales­tinien ? Car Mme Merkel, toute émue qu’elle était, bien que ce soit déjà son troi­sième voyage au même endroit, n’a pas eu un mot de pro­tes­tation lorsque le premier ministre israélien, Ehud Olmert, a profité de l’occasion pour affirmer qu’Israël pour­suivra la construction de loge­ments dans le quartier de colo­ni­sation de Har Homa, à Jérusalem-​​Est, occupée et annexée. En vio­lation donc de toutes les lois inter­na­tio­nales et des réso­lu­tions de l’ONU.

C’est là que le bât blesse. Pas un diri­geant occi­dental n’ose rompre avec cette pra­tique de silence et, disons-​​le, de lâcheté, qui consiste à ne jamais contredire un diri­geant israélien, ni dénoncer une poli­tique colo­nia­liste et qui s’appuie depuis 1947 sur le net­toyage eth­nique [1] des Pales­ti­niens. Shimon Peres, le pré­sident israélien, lors de son récent passage à l’Élysée, a encore utilisé les vieilles ficelles de la pro­pa­gande sio­niste pour faire croire qu’en 1948 « qua­rante mil­lions d’Arabes dotés de sept armées bien équipées atta­quèrent Israël, qui ne comptait pas plus de six cent cin­quante mille âmes, n’avait pas encore d’armée et presque pas d’armes ». Une thèse men­songère et réfutée par les his­to­riens israé­liens eux-​​mêmes.

Il faut rétablir la vérité his­to­rique et faire pression sur nos élus - à tous les niveaux - pour qu’ils prennent les mesures qui s’imposent (y compris des sanc­tions écono­miques) afin qu’Israël se conforme au droit international.

Il en va de l’avenir du peuple israélien mais surtout du peuple pales­tinien qui attend déses­pé­rément un État viable, après soixante ans de souffrance.

[1] Ne manquez pas de lire le Net­toyage eth­nique de la Palestine, de l’historien israélien Ilan Pappe, 395 pages, 22 euros. Éditions Fayard, 2008.1