Israël, la torture en question

Michel Paul, mercredi 16 avril 2008

Le recours à la torture par le Shin Beth est au coeur d’une vive polé­mique en Israël. Le Comité public contre la torture dénonce les méthodes des ser­vices de sécurité israéliens.

Ainsi, ils uti­lisent les familles des pri­son­niers pales­ti­niens pour leur extorquer des aveux. Des méthodes appa­rentées au ter­ro­risme accusent les ONG israéliennes.

Le plus curieux, c’est pro­ba­blement la réaction du Shin Beth, le service de sécurité inté­rieure. Devant une com­mission par­le­men­taire, le chef du dépar­tement des inter­ro­ga­toires de cette orga­ni­sation, dont l’identité n’a pas été révélée, reconnaît qu’il y a eu des abus. « On aurait pu faire les choses autrement, dit-​​il, et ce sera le cas à l’avenir ».

Selon le comité public contre le torture en Israël, le Shin Beth aurait recours à une forme de torture psy­cho­lo­gique à l’encontre de détenus pales­ti­niens. Les enquê­teurs auraient procédé à l’arrestation de leurs proches sous des pré­textes futiles, on aurait fait croire qu’ils étaient également détenus. Cela afin de tenter d’extorquer des aveux.

Dans un rapport publié ce dimanche, le comité anti-​​torture évoque six cas de ce genre, en oppo­sition fla­grante à une décision de la Cour suprême israé­lienne qui met la torture hors-​​la-​​loi. D’autres ONG israé­liennes ont récemment fait état de mal­trai­tances de détenus pales­ti­niens dans les locaux du Shin Beth.

Lors du débat à la Knesset, un député de la majorité a proposé une nou­velle loi qui per­met­trait des inter­ro­ga­toires musclés. Tandis que la repré­sen­tante du parti d’Oron Meretz sou­ligne qu’en démo­cratie « tout n’est pas permis, même dans la lutte contre le terrorisme ».