Israël, l’aveuglement

Denis Sieffert, dimanche 24 juillet 2011

« Le monde bouge, pas Israël »

Alors que les révo­lu­tions arabes font souffler un vent de liberté, la poli­tique d’Israël se durçit. Faute d’alternative, la société israé­lienne semble de plus en plus autiste. Heu­reu­sement, de jeunes mili­tants israé­liens et pales­ti­niens veulent vraiment la paix.

« Le monde bouge, pas Israël ». C’est ce que nous écri­vions récemment. Comme en témoigne le reportage de Domi­nique Vidal et Michel War­schawski, la formule est tou­jours d’actualité : malgré les révo­lu­tions arabes, malgré l’offensive diplo­ma­tique de l’Autorité pales­ti­nienne pour la recon­nais­sance d’un État, en sep­tembre à l’ONU, malgré la dégra­dation de l’image d’Israël dans l’opinion inter­na­tionale, l’alliance d’extrême droite au pouvoir campe sur ses posi­tions. Ou, plus exac­tement, n’en finit pas d’essayer de gagner du temps pour étendre une entre­prise colo­niale à laquelle elle n’a jamais renoncé. Israël est aveugle à la marche du monde. Israël s’enferme dans une logique d’affrontement. Israël s’isole. Et, à moyen terme, Israël marche à sa perte.

Pourtant, si le constat est exact pour les diri­geants militaro-​​politiques et, hélas, pour une large partie des élites intel­lec­tuelles, il n’est pas juste pour cer­taines franges de la société. Comme le sou­ligne l’article de Michel War­schawski (p. 24 du n° papier). La confir­mation de ce mou­vement encore mino­ri­taire est venue le 15 juillet avec la mani­fes­tation « pour l’indépendance de la Palestine », qui a réuni plu­sieurs mil­liers de per­sonnes à Jérusalem-​​Est, de la porte de Jaffa de la vieille ville au quartier arabe de Sheikh Jarrah, théâtre d’une poli­tique d’expulsion des familles pales­ti­niennes au profit des colons juifs. La mani­fes­tation, qui mêlait Israé­liens et Pales­ti­niens, en appelait à la soli­darité à l’approche de la demande d’adhésion d’un État pales­tinien à l’ONU. Lueur d’espoir.