Israël et la Jordanie démentent l’existence d’un accord sur Jerusalem

PNN, mercredi 10 octobre 2007

Des sources israé­liennes et jor­da­niennes ont démenti l’existence d’un arran­gement qui, selon dif­fé­rents repor­tages, remet­trait le contrôle des lieux saints de Jéru­salem à la Jordanie.

Un porte-​​parole du gou­ver­nement a assuré que de tels repor­tages étaient sans fon­de­ments et que les négo­cia­tions sur le statut de Jéru­salem ne seraient pas abordées avant long­temps. De plus celles-​​ci se tien­draient en pré­sence des Pales­ti­niens uniquement.

Le porte-​​parole a aussi affirmé qu’Israël sou­haitait garder la "sou­ve­raineté sur la ville sainte".

La Jor­danie, qui contrôlait la ville avant l’occupation par Israël de la bande de Gaza, de la Cis­jor­danie et de Jerusalem-​​Est en 1967, a aussi démenti tout accord.

Le futur statut de Jéru­salem est l’une des ques­tions les plus pro­blé­ma­tiques dans les négo­cia­tions entre Israé­liens et Pales­ti­niens, les deux parties réclamant le contrôle de la ville.

En 1967, Israël a occupé la partie Est de Jéru­salem et n’est pas parvenu depuis à une solution sur le statut de la ville basé sur la réso­lution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui demande un retrait immédiat d’Israël des ter­ri­toires occupés palestiniens.

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Par ailleurs, selon l’Orient le Jour, Le vice-​​Premier ministre israélien pour des pour­parlers sur l’avenir de Jérusalem

Le vice-​​Premier ministre israélien Haïm Ramon a estimé hier qu’Israël devait se pré­parer à engager, à l’avenir, des négo­cia­tions avec les Pales­ti­niens sur le statut de Jéru­salem et sur un transfert d’autorité concernant cer­tains lieux saints. « Ne faudrait-​​il pas aujourd’hui que les Pales­ti­niens, l’Occident et le reste de la com­mu­nauté inter­na­tionale recon­naissent l’annexion (par Israël) des quar­tiers (juifs) de Jéru­salem, et, de notre côté, que nous nous reti­rions des quar­tiers arabes ? » s’est interrogé Ramon au micro de Radio-​​Israël.

Selon lui, trans­férer le contrôle sur des lieux saints de la vieille ville de Jéru­salem est actuel­lement pré­maturé. Mais, a-​​t-​​il ajouté, « nous devons dire qu’il y aura un régime spécial pour le saint bassin (les lieux saints), que nous évoquerons ulté­rieu­rement ». Dimanche, M. Ramon avait déjà mis en avant l’avantage qu’en tirerait Israël qui réduirait la popu­lation arabe sous son contrôle et obtien­drait une recon­nais­sance inter­na­tionale de l’annexion des autres parties de Jérusalem-​​Est et du statut de la Ville sainte comme sa capitale. Israël a annexé la partie orientale de Jéru­salem à l’issue de la guerre israélo-​​arabe de 1967. Le 30 juillet 1980, une « Loi fon­da­mentale » votée par la Knesset a pro­clamé Jéru­salem « réunifiée et capitale éter­nelle d’Israël ».

Dimanche soir (7 octobre), le ministre israélien d’extrême droite, Avigdor Lie­berman, avait déjà suscité la sur­prise en pré­co­nisant un retrait israélien de quar­tiers pales­ti­niens de Jérusalem-​​Est, en cas d’accord de paix. « Dans le cadre d’un accord de paix il fau­drait opérer un transfert de ter­ri­toires et de popu­la­tions, par lequel Israël renon­cerait à cer­tains quar­tiers arabes de Jérusalem-​​Est », a déclaré le ministre des Affaires stra­té­giques, cité par son porte-​​parole Yossy Levy. M. Lie­berman s’est souvent exprimé dans le passé pour un échange de « ter­ri­toires et de popu­la­tions » entre Israël et un futur État pales­tinien, dans le but de par­venir à une « sépa­ration » maximale entre Juifs et Arabes, mais sans faire tou­tefois réfé­rence spé­ci­fi­quement à Jérusalem-​​Est.

La ministre des Affaires étran­gères Tzipi Livni s’est également opposée à ce que ces ques­tions soient sou­levées au cours de la réunion prévue aux États-​​Unis, rap­porte la radio mili­taire. Les décla­ra­tions pub liques de Ramon sur les aspects les plus délicats du conflit israélo-​​palestinien font tou­tefois courir la rumeur selon laquelle il lance ainsi des ballons d’essai, pour le compte du Premier ministre israélien Ehud Olmert, à l’approche de la confé­rence inter­na­tionale sur le Proche-​​Orient, qui doit se tenir en novembre, à l’initiative des États-​​Unis. Devant la Knesset, Ehud Olmert a d’ailleurs prévenu, hier, qu’Israël devrait prendre des « déci­sions inévi­tables » impli­quant de « renoncer à l’application pleine et absolue des rêves qui ont nourri des années durant (son) âme nationale ».

l n’a pas dévoilé plus avant sa pensée, mais il a recouru par le passé à une phra­séo­logie ana­logue pour pré­parer l’opinion à un retrait de ter­ri­toires arabes occupés sur les­quels cer­tains juifs pré­tendent avoir un droit biblique. M. Olmert a été inter­rompu à plu­sieurs reprises par des députés de droite - dont l’ancien Premier ministre Ben­jamin Neta­nyahu - qui exi­geaient qu’il précise ses projets concernant l’avenir de Jéru­salem. Ce qu’il a refusé de faire.

Face à la levée de bou­cliers de l’opposition, Ehud Olmert a tou­tefois également assuré qu’un accord entre Israël et les Pales­ti­niens « est encore loin, sur un chemin rempli d’obstacles ». « Rien n’a été donné, rien n’a été pris et rien n’a été promis. Mais un esprit de confiance mutuelle a été créé », a-​​t-​​il précisé aux députés, en réfé­rence à ses dis­cus­sions avec le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas. Il a ajouté qu’il était déterminé à « donner un élan et une chance à un pro­cessus poli­tique sub­stantiel avec le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne ». « Je vou­drais annoncer ici de la manière la plus claire qui soit que je n’ai pas l’intention de chercher des excuses pour me dérober au pro­cessus poli­tique », a-​​t-​​il encore dit.

Des négo­cia­teurs israé­liens et pales­ti­niens ont d’ailleurs engagé hier des dis­cus­sions, dans un lieu tenu secret, en Israël, concernant un document conjoint qu’ils espèrent pré­senter à cette réunion inter­na­tionale. Nabil Abou Rou­deina, conseiller de Mahmoud Abbas, a déclaré à l’agence de presse pales­ti­nienne WAFA que les dis­cus­sions visaient à tracer une voie vers la paix générale. Un échec de la diplo­matie, a-​​t-​​il dit, pourrait « plonger la région dans la violence ».

Sur le terrain, cinq Pales­ti­niens ont été blessés hier dans la bande de Gaza dans l’explosion d’un obus de char israélien qu’un enfant mani­pulait après l’avoir trouvé dans un champ à proximité du domicile familial, ont indiqué des témoins et des sources médi­cales.  [2]