Israël doit inculper ou libérer un Palestinien en grève de la faim, selon Amnesty

L’Orient le Jour avec AFP, mercredi 17 août 2016

Amnesty International a pressé hier Israël soit d’inculper, soit de libérer Bilal Kayed, un prisonnier palestinien en grève de la faim depuis deux mois pour dénoncer son maintien en détention sans nouvelle inculpation après avoir purgé l’intégralité de sa peine. « Les autorités israéliennes doivent inculper Bilal Kayed ou le libérer », a dit l’organisation des droits de l’homme dans un communiqué.

M. Kayed, 34 ans, n’ingère que de l’eau et des vitamines et menace désormais de ne plus en prendre non plus alors qu’il « souffre au niveau respiratoire, rénal, a des problèmes de vue et d’audition et de forts maux de tête », a rapporté Addameer, une ONG palestinienne de défense des prisonniers palestiniens. Malgré sa santé vacillante, son appel devant la Cour suprême israélienne n’est prévu que le 5 octobre, dit Addameer. Pour son frère Mahmoud, cité par Amnesty, c’est « un acte de vengeance », de même que pour les Palestiniens qui se mobilisent régulièrement depuis le début de la grève de la faim de M. Kayed, entrée dans son 59e jour vendredi.

Arrêté fin 2001, en pleine deuxième intifada, M. Kayed a été condamné en 2002 par la justice militaire israélienne à 14 ans et demi de prison pour ses activités au sein du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, la gauche historique), considéré comme un groupe terroriste par l’État hébreu. Il devait être libéré mi-juin. Mais Israël a décidé de le garder en prison, sous le régime de la détention administrative. Ce régime extrajudiciaire, dénoncé par l’Onu et les ONG de défense des droits de l’homme, permet de détenir un prisonnier sans inculpation ni procès pour une période de six mois renouvelable indéfiniment. À la mi-journée, des dizaines de Palestiniens ont organisé une prière collective à Jérusalem pour lui. Des Palestiniens et des Arabes israéliens ont manifesté mardi devant l’hôpital d’Ashkelon (sud d’Israël) où il est menotté à son lit, « une punition et un traitement cruel, inhumain et dégradant », selon Amnesty.