Israël : deux projets de loi contestés

Catherine Monnet, mercredi 27 mai 2009

Le parti ultra­na­tio­na­liste du ministre des Affaires étran­gères, Avigdor Lie­berman, a déposé un projet de loi pour imposer aux Israé­liens de prêter serment à l’Etat hébreu. Dimanche (23 mai) , le cabinet israélien avait déjà entériné un autre projet de loi qui vise à interdire aux Arabes israé­liens toute com­mé­mo­ration de la Nakba (la catas­trophe que fut pour les Arabes d’Israël la création de l’Etat hébreu en 1948). Ces deux projets de loi, qui visent les popu­la­tions arabes israé­liennes et pales­ti­niennes, sus­citent des remous.

Pour obtenir des papiers d’identité, ouvrir un compte ban­caire ou encore obtenir un permis de conduire, chaque Israélien devra d’abord « jurer loyauté à l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif, sio­niste et démo­cra­tique, et devra s’engager à servir l’Etat », notamment dans le cadre du service mili­taire. Tels sont les termes du projet de loi qui met en émoi une partie du pays, car 20% de la popu­lation israé­lienne est arabe et de plus, tra­di­tion­nel­lement exemptée de servir dans l’armée.

Le parti ultra­na­tio­na­liste Israël Bei­teinou, qui avait placé ce thème au coeur de sa cam­pagne élec­torale, est aussi à l’origine d’un autre projet de loi contro­versé visant à interdire toute com­mé­mo­ration de la Nakba.

Lorsque l’Etat d’Israël célèbre le jour de l’Indépendance, au lieu de faire des bar­becues dans les parcs comme la plupart des Israé­liens, ce jour-​​là les Pales­ti­niens et les Arabes israé­liens com­mé­morent la Nakba - c’est-à-dire la catas­trophe que fut pour eux la création de l’Etat hébreu - en défilant dans les vil­lages arabes détruits en 1948.

Si le projet de loi est adopté, les par­ti­ci­pants à ce genre de mani­fes­tation pourront être condamnés à trois ans de prison. Des ministres tra­vaillistes, des députés arabes et la prin­cipale asso­ciation des droits de l’homme israé­lienne dénoncent une dan­ge­reuse dégra­dation du droit d’expression, voire « un projet de loi fas­ciste qui viole les prin­cipes démocratiques ».