Israël dénonce la France après une décision sur les produits des colonies

Le ministère français est l’un des tout premiers à mettre en oeuvre les consignes passées en novembre 2015 par l’Union européenne.

Le Point avec AFP, vendredi 25 novembre 2016

"En vertu du droit international, le plateau du Golan et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, ne font pas partie d'Israël", se justifie le ministère français. © AFP/ THOMAS COEX

Israël a accusé la France de favoriser les boycotts anti-israéliens après les instructions données par Paris aux acteurs économiques d’appliquer une décision de l’Union européenne sur un étiquetage différencié des produits en provenance des territoires occupés par Israël. Le ministère français de l’Économie a avisé jeudi les opérateurs économiques qu’ils devaient ajouter « colonie israélienne » ou une mention équivalente sur les produits alimentaires fabriqués dans les colonies, c’est-à-dire les implantations civiles israéliennes, de Cisjordanie et du plateau du Golan occupés par Israël depuis 1967, selon Légifrance, un site gouvernemental français. Le ministère français est l’un des tout premiers, sinon le premier, à mettre en oeuvre les consignes passées en novembre 2015 par l’Union européenne. Celle-ci avait alors approuvé l’application de l’étiquetage imposé à tous les pays membres sur les marchandises venues des colonies israéliennes qui, pour l’Union européenne comme la communauté internationale, ne font pas partie du territoire israélien.

Fureur du gouvernement israélien

La mesure, qui concerne principalement des produits alimentaires (fruits, légumes, vins) et cosmétiques, avait provoqué la fureur du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu. « Le gouvernement israélien condamne la décision » française, a réagi jeudi soir tard le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué. « Il est regrettable de voir la France prendre des mesures susceptibles d’être interprétées comme encourageant les extrémistes et le mouvement de boycott contre Israël », poursuit-il.

Le ministère juge encore « incompréhensible et même inquiétant que la France ait décidé de pratiquer deux poids, deux mesures aux dépens d’Israël », alors qu’il y a 200 querelles territoriales dans le monde. « En vertu du droit international, le plateau du Golan et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, ne font pas partie d’Israël », note de son côté le ministère français. Une étiquette disant seulement « produit originaire du plateau du Golan » ou de Cisjordanie « n’est pas acceptable », ajoute-t-il. « Il est nécessaire d’ajouter, entre parenthèses, l’expression colonie israélienne ou des termes équivalents », précise-t-il.