Israël autorise l’alimentation forcée des prisonniers en grève de la faim

Il n’est pas anticonstitutionnel, en Israël, de nourrir de force des détenus en grève de la faim. C’est le sens d’un jugement rendu dimanche 11 septembre par la Haute cour de justice du pays. Elle avait été saisie par une association de médecins qui contestaient un article de loi demandant aux praticiens d’alimenter de force des prisonniers palestiniens ayant cessé de se nourrir.

Guilhem Delteil, RFI, lundi 12 septembre 2016

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La prison d’Ayalon, près de Tel Aviv (photo d’illustration). REUTERS/Nir Elias

Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Pour la Haute cour de justice israélienne, « un gréviste de la faim n’est pas un patient ordinaire ». À ses yeux, il s’agit plutôt d’une « personne qui, consciemment et délibérément, se met en danger ». Et elle considère également qu’une grève de la faim a « des implications qui vont au-delà du cas personnel du gréviste ».

Pour elle, il n’est donc pas anticonstitutionnel de demander à des médecins de nourrir de force des détenus palestiniens ayant cessé de s’alimenter. Une mesure prévue par un amendement ajouté à la loi sur les prisons il y a un an. Car les grèves de la faim dans les prisons israéliennes sont fréquentes et embarrassent l’administration. Récemment encore, trois détenus qui protestaient contre leur détention sans jugement ont été libérés après avoir cessé de s’alimenter pendant plus de 60 jours. Leur état de santé s’était détérioré.

Le gouvernement a annoncé son intention de faire appliquer cet amendement. Mais la mesure risque d’être compliquée à mettre en place : l’association médicale israélienne qui avait saisi la Haute cour de justice a fait savoir avant le jugement qu’elle demanderait aux médecins de refuser cette alimentation contrainte. Elle considère la pratique comme de la « torture » et estime qu’il y a des situations « où l’éthique médicale prévaut sur la loi ».