Israël approuve la construction de 463 logements dans des colonies de Cisjordanie

Le Monde avec AFP, jeudi 1er septembre 2016

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Des colons israéliens travaillent à la construction d’une maison bâtie illégalement près de la colonie de Qiryat Arba, en Cisjordanie. MENAHEM KAHANA / AFP

Israël a approuvé la construction de 463 logements dans des colonies de Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis près de cinquante ans, malgré la réprobation internationale.

Selon l’organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant, cinquante logements ont reçu une approbation finale de la part de la commission compétente, et 234, un accord initial dans la colonie d’Elkana. En outre, 179 logements déjà construits dans la colonie d’Ofarim ont été validés rétroactivement, d’après Hagit Ofran, une porte-parole de La Paix maintenant. La Paix maintenant avance le chiffre de 2 623 logements promus depuis le début de 2016 rien qu’en Cisjordanie, dont 756 ont été validés après avoir été construits illégalement, selon l’organisation.

Ces programmes « sont tous problématiques », estime-t-elle. Les Israéliens « continuent à planifier et à faire avancer la planification, et de manière générale, c’est mauvais pour la solution à deux Etats et pour Israël », ajoute-t-elle. La solution à deux Etats – la création d’un Etat palestinien coexistant en paix avec Israël – est la clé de voûte des grands projets internationaux de règlement du conflit israélo-palestinien, l’un des plus vieux au monde.

« Menace sérieuse » pour la solution à deux Etats

Les Etats-Unis ont exprimé leur « profonde » inquiétude en réaction à cette annonce. Un responsable américain a ainsi déclaré que cette mesure représentait « une menace sérieuse et croissante sur la viabilité d’une solution à deux Etats ». La colonisation, c’est-à-dire la construction d’implantations civiles sur des terres occupées par Israël depuis 1967, passe pour un obstacle majeur à la paix. Elle est considérée comme illégale par la communauté internationale, mais s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, y compris celui que dirige actuellement Benyamin Nétanyahou, et qui fait une place importante aux avocats de la colonisation.

Une partie de la communauté internationale s’inquiète que la poursuite de la colonisation, qui grignote le territoire et en désagrège la continuité, ne finisse par rendre impossible l’établissement d’un Etat palestinien.

Casse-tête de négociations

L’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, s’était alarmé lundi de la « poussée » de la colonisation devant le Conseil de sécurité. Depuis le 1er juillet, Israël a fait avancer selon lui les projets de construction de plus de 1 700 logements au total : plus de 700 en Cisjordanie occupée et plus d’un millier à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël. Les agissements israéliens « semblent conforter une politique menée depuis des décennies, qui a permis à plus d’un demi-million d’Israéliens de s’établir sur un territoire occupé militairement depuis 1967 », avait dit M. Mladenov.

Le porte-parole du gouvernement de Benyamin Nétanyahou avait qualifié d’« absurdes » les propos de M. Mladenov, qui constituent, selon lui, « une distorsion de l’histoire et du droit international ». « Les juifs sont à Jérusalem et en Judée-Samarie [nom juif de la Cisjordanie] depuis des milliers d’années et leur présence n’est pas un obstacle à la paix », avait dit David Keyes.

Près de 600 000 colons israéliens vivent actuellement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, un secteur dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat. Dans les faits, « aucune perspective de reprise des négociations (n’est) en vue », avait dit M. Mladenov lundi. La dernière initiative, américaine, avait périclité en avril 2014.