Israël : appel à révoquer la citoyenneté du chef d’une ONG opposé à la colonisation

L’Orient le Jour avec AFP, samedi 22 octobre 2016

Le chef de la coalition parlementaire du gouvernement israélien de droite cherche à révoquer la citoyenneté du directeur d’une ONG israélienne de défense des droits de l’Homme qui a exprimé aux Nations unies son opposition aux colonies.

Le député David Bitan, membre du Likoud, le parti du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a déclaré vendredi soir à la chaîne 2 de télévision israélienne qu’il "examinait la possibilité légale" de révoquer la citoyenneté israélienne de Hagai El-Ad, directeur de l’ONG B’Tselem. Selon les analystes, l’initiative de David Bitan n’a que très peu de chance de se concrétiser car la loi ne permet de révoquer la nationalité que dans des cas avérés de "terrorisme, trahison ou espionnage".

Hagai El-Ad avait participé en fin de semaine dernière à une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu sur les colonies. Il avait dénoncé 49 ans d’une "injustice, en l’occurrence l’occupation de la Palestine et le contrôle israélien des vies palestiniennes à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est". "Je vous implore aujourd’hui d’agir", avait-il lancé à l’assemblée.

Dans un message sur Facebook, M. Netanyahu avait alors estimé que l’appel de M. El-Ad était "une action contre Israël", accusant B’Tselem de chercher à obtenir, via la "contrainte internationale", ce qu’il a "échoué à obtenir via des élections démocratiques en Israël". David Bitan a quant à lui déclaré que l’appel de M. El-Ad "constitue un flagrant abus de confiance d’un citoyen israélien à l’encontre de l’Etat et qu’il devrait en conséquence se trouver une autre nationalité". B’Tselem "ne se laissera pas intimider", a répliqué sur Twitter Hagai El-Ad. "Depuis près de 50 ans, les Palestiniens n’ont pas de nationalité ou de droits. Aujourd’hui, le chef de la coalition de Netanyahu veut révoquer ma citoyenneté parce que j’ai parlé contre l’occupation devant le Conseil de sécurité de l’ONU", a-t-il écrit.

Zehava Galon, chef de file du parti de gauche Meretz opposé à la colonisation, a souligné sur Twitter que même si David Bitan cherchait avant tout à "obtenir des gains politiques sur le dos de B’Tselem", ses propos étaient "très dangereux".