Israël accusé de pression sur des malades pales­ti­niens pour obtenir des informations

L’Orient le Jour, lundi 4 août 2008

Quand les auto­rités israé­liennes n’interdisent pas le passage d’ambulances ou de malades en danger vers les hôpitaux de Cis­jor­danie, voire d’Israël, entraînant ainsi la mort de nom­breuses per­sonnes, elles détiennent des blessés et malades pour en obtenir des renseignements.

Les ser­vices israé­liens de sécurité font pression sur des malades et des blessés pales­ti­niens de Gaza venant se soigner en Israël en vue de leur sou­tirer des infor­ma­tions, affirme dans un rapport publié aujourd’hui l’association israé­lienne Médecins pour les droits de l’homme.

Ces patients sont « devenus une cible impor­tante et commode pour les ser­vices de ren­sei­gne­ments dans leur recherche d’informations », indique cette ONG. Elle cite à l’appui onze témoi­gnages détaillés, recueillis sous serment, dans les­quels les malades disent avoir été emmenés dans des pièces en sous-​​sol à Erez, point de passage entre la bande de Gaza et Israël, où ils ont été inter­rogés pendant des heures à propos de leurs familles et de leurs voisins.

Selon le témoi­gnage anonyme d’un vieil homme, auprès de l’association et de l’AFP, les agents israé­liens de sécurité ont dit : « Tu as un cancer et il va rapi­dement atteindre ton cerveau si tu ne nous aides pas. » D’après un autre témoi­gnage, un agri­culteur blessé par un obus de char en 2006 et qui a été soigné en Israël a subi le même type d’interrogatoire en janvier dernier lorsqu’il a dû retourner à l’hôpital pour un contrôle.

D’après Médecins pour les droits de l’homme, ces méthodes violent le droit inter­na­tional et notamment la qua­trième convention de Genève, qui interdit expli­ci­tement de faire pression sur des civils pour obtenir des informations.

Le porte-​​parole de l’administration mili­taire israé­lienne, Shlomo Dror, a rejeté ces accu­sa­tions, mais sou­ligné que « toute per­sonne entrant en Israël (devait) être inter­rogée sur ses moti­va­tions, et par­ti­cu­liè­rement si elle appar­tient à une orga­ni­sation terroriste »