Israël accède pour la première fois à la présidence d’une commission de l’ONU

La décision de nommer Danny Danon, adversaire de la solution à deux États, au poste de président d’une commission juridique de l’ONU a été fortement critiquée par les représentants palestiniens.

Middle East Eye, vendredi 17 juin 2016

Danny Danon, Représentant permanent d'Israël auprès des Nations unies, s'exprime devant les médias avant la réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient (AFP)

Les représentants palestiniens et arabes ont fortement critiqué l’élection d’Israël à la présidence d’un comité de l’ONU, une première dans l’histoire de l’organisation créée il y a 71 ans.

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies Danny Danon a remporté lundi la présidence de la commission de l’Assemblée générale de l’ONU chargée des questions juridiques, récoltant 109 voix sur les 193 États membres.

La candidature de Danon a été soumise à un vote à bulletin secret à la demande des pays arabes. Tous les autres présidents des comités de l’ONU sont choisis par consensus.

L’ambassadeur palestinien Riyad Mansour a critiqué le groupe des États d’Europe occidentale, qui comprend Israël, pour avoir proposé la candidature de Danon, affirmant que ce dernier était source de discorde et n’était pas digne de remplir cette mission.

« Ils auraient dû proposer un candidat qualifié et très responsable et non pas un éminent violateur du droit international », a déclaré Mansour à des journalistes.

L’ambassadeur du Yémen à l’ONU, Khaled al-Yemany, qui préside le groupe arabe aux Nations unies, a annoncé avoir envoyé un message à tous les États membres pour protester contre l’élection de l’ambassadeur israélien.

« Nous ne pouvons pas accepter qu’un pays comme Israël, qui enfreint le droit international et le droit humanitaire et qui est la dernière force coloniale qui reste dans le monde, ait le droit de se prononcer sur toutes les questions juridiques », a déclaré al-Yemany.

Danon est depuis longtemps un personnage controversé de la scène politique israélienne.

Partisan de longue date du processus de colonisation en Cisjordanie occupée, reconnu illégal en vertu du droit international, il s’oppose à une solution à deux États pour Israël et la Palestine, soutenant qu’il y a « la place pour un seul État sur la terre d’Israël ».

Sa nomination en tant qu’ambassadeur à l’ONU a été vivement critiquée en Israël à l’époque.

« Il est difficile de concevoir une nomination plus irréfléchie, plus honteuse et plus préjudiciable », avait écrit David Horovitz, rédacteur en chef du Times of Israel.

Danon a affirmé être « très fier » d’être le premier Israélien à la tête d’une commission de l’ONU et a déclaré qu’il était « pitoyable de voir certains pays arabes tenter de faire obstacle à cette nomination ».

La candidature d’Israël a été soutenue par les États-Unis et par des pays européens.

La plupart des travaux sur les résolutions adoptées par l’Assemblée générale sont réalisés par les commissions, qui présentent des mesures qui sont acceptées par l’ensemble des États membres de l’ONU.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation