Israël : Sarkozy à la Knesset au 2e jour de sa visite d’Etat

AFP, lundi 23 juin 2008

Au deuxième jour de sa visite d’Etat en Israël, Nicolas Sarkozy va relancer devant la Knesset, le Par­lement israélien, son appel à la création d’un Etat pales­tinien, et rede­mander aux Israé­liens de prendre des "risques pour la paix, tout de suite".

Le pré­sident français a appelé au gel de la colo­ni­sation israé­lienne y compris à Jéru­salem, qui selon lui "a vocation à devenir capitale des deux Etat", Israël et la Palestine, dans une interview publiée lundi par un journal palestinien

"Comme je l’ai dit à plu­sieurs reprises, le gel de la colo­ni­sation, prin­cipal obs­tacle à la paix, est pri­mordial. Nous condamnons toute décision uni­la­térale qui préjuge le règlement final et porte atteinte à la via­bilité du futur Etat pales­tinien et au pro­cessus poli­tique en cours", a déclaré M. Sarkozy au quo­tidien Al-​​Quds, selon le ver­batim en français de l’interview obtenu par l’AFP.

"Et je veux redire ici notre exi­gence, ins­crite dans la Feuille de route que les parties se sont engagées à res­pecter à Anna­polis, d’un gel complet des acti­vités de colo­ni­sation, y compris celles liées à la crois­sance natu­relle, y compris à Jérusalem-​​Est", a ajouté M. Sarkozy.

Interrogé sur le statut de Jéru­salem, dont la partie orientale (arabe) a été annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, M. Sarkozy a affirmé que "la France, comme le reste de la com­mu­nauté inter­na­tionale, considère que cette question doit s’inscrire dans le cadre du règlement négocié entre les parties, confor­mément au droit inter­na­tional". "Il ne pourra y avoir de paix excluant Jéru­salem, la +Cité de la Paix+, qui a vocation, selon moi, à devenir la capitale des deux Etats. Bien entendu, le moment venu, la com­mu­nauté inter­na­tionale et notamment l’Union euro­péenne pourront contribuer, par le biais de garanties, à la mise en place de solu­tions pra­tiques pour assurer la mise en oeuvre de l’accord, s’agissant notamment de la question de l’accès aux Lieux Saints", a-​​t-​​il ajouté.

"Bien sûr qu’il faut être fort pour exister. Bien sûr qu’on ne peut pas céder devant le ter­ro­risme", avait-​​il affirmé dimanche devant le Premier ministre Ehud Olmert, en évoquant les thèmes de son dis­cours devant la Knesset. "Mais en même temps, la paix ne se construit pas qu’avec la force. Elle se construit avec le dia­logue et avec la main tendue. Ca demande beaucoup d’efforts, ça demande beaucoup de com­pré­hension, ça demande d’oublier bien des souf­frances. Et chaque fois qu’Israël a fait quelque chose d’encore plus grand, elle l’a fait en fait au nom de la paix et non pas au nom de la guerre", a-​​t-​​il poursuivi.

C’est la deuxième fois qu’un pré­sident français s’exprime devant les députés israé­liens, après François Mit­terrand en 1982, qui déjà, avait plaidé pour la création d’un Etat palestinien.

Le pré­sident de la Répu­blique doit également ren­contrer, dans l’après-midi, au consultat général de France à Jérusalem-​​est, une dou­zaine de per­son­na­lités pales­ti­niennes, avant de retrouver, mardi à Bethléem (Cis­jor­danie), le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne, Mahmoud Abbas.

Autre rendez-​​vous du chef de l’Etat : celui prévu avec les parents de Guilad Shalit, le soldat franco-​​israélien, enlevé en juin 2006 en ter­ri­toire israélien, à la lisière de la bande de Gaza, par un com­mando pales­tinien. M. Sarkozy doit également aller visiter Yad Vashem, le mémorial dédié aux vic­times de la Shoah. Nicolas et Carla Sarkozy et le pré­sident israélien Shimon Peres le 22 juin 2008 à Jéru­salem - AFP

Dans la soirée, le pré­sident Sarkozy et son épouse Carla seront les invités d’honneur d’un dîner d’Etat offert par le pré­sident israélien Shimon Peres.

Dès son arrivée sur le sol israélien, M. Sarkozy avait prévenu : "si je suis ici, c’est parce que je suis plus que jamais convaincu que la sécurité d’Israël ne sera vraiment assurée qu’avec la nais­sance du deuxième Etat, l’Etat pales­tinien". Selon lui, ce sont les Israé­liens et les Pales­ti­niens qui "seuls", peuvent faire la paix, même si la France et l’Union euro­péenne dont elle prendra la pré­si­dence dans une semaine, peuvent l’y "aider".

Il s’est tou­tefois refusé à se poser en "donneur de leçon". "Je vou­drais que chacun com­prenne en Israël que la France ne veut donner de leçons à per­sonne, spé­cia­lement pas en Israël", a-​​t-​​il déclaré devant M. Olmert.