Israël : Netanyahu échoue à rallier Livni pour un gouvernement élargi

Charly Wegman, lundi 23 février 2009

Le chef du Likoud (droite), Ben­jamin Neta­nyahu, chargé de former le gou­ver­nement en Israël, n’est pas parvenu à rallier dimanche le Kadima (centre) de Tzipi Livni pour par­ti­ciper à un cabinet d’union en raison de diver­gences sur les négo­cia­tions avec les Palestiniens.

"Nous ne sommes par­venus à aucun progrès sur des sujets essen­tiels. Il y a des diver­gences de fond notamment sur la manière d’arriver à un accord basé sur le principe de deux Etats pour deux peuples ainsi que sur un accord final avec les Pales­ti­niens", a affirmé Mme Livni aux jour­na­listes après un entretien avec M. Neta­nyahu à Jérusalem.

La ministre des Affaires étran­gères sor­tante a tou­tefois accepté de ren­contrer une nou­velle fois M. Neta­nyahu dans les pro­chains jours.

Moins négatif, M. Neta­nyahu a affirmé qu’il allait pour­suivre ses efforts dans les pro­chains jours "pour constituer un gou­ver­nement d’union".

"Nous avons trouvé de nom­breux points communs, mais tout cela nécessite d’autres ren­contres. On peut trouver une voie commune", a ajouté M. Netanyahu.

"Nous allons fixer et rédiger les bases d’un gou­ver­nement et d’autres for­ma­tions pourront se joindre à nous", a ajouté M. Neta­nyahu en sou­li­gnant que "s’il y a une volonté nous trou­verons une solution".

Il a également annoncé une ren­contre lundi avec le chef du parti tra­vailliste et ministre de la Défense sortant Ehud Barak.

Mme Livni avait tempéré avant l’entretien les espoirs d’accord en sou­li­gnant que son parti n’entrerait que dans un gou­ver­nement acceptant la "vision de deux Etats pour deux peuples".

"Autrement, il s’agirait d’une trom­perie vis-​​à-​​vis des élec­teurs", a-​​t-​​elle ajouté en sou­li­gnant qu’elle ne dis­cu­terait pas de la répar­tition de por­te­feuilles minis­té­riels avec M. Neta­nyahu mais de "question essentielles".

Selon les com­men­ta­teurs, Mme Livni entend obtenir l’assurance qu’elle pourra continuer à mener des négo­cia­tions avec les Palestiniens.

Le Kadima a obtenu 28 sièges (sur 120) aux légis­la­tives du 10 février, contre 27 au Likoud qui peut en revanche s’appuyer sur un bloc de 65 députés de la mou­vance de droite.

M. Neta­nyahu, 59 ans, opposé aux accords d’Oslo de 1993 et hostile à la création d’un Etat pales­tinien, propose une sorte d’autonomie élargie à travers un "plan de paix écono­mique" pour les Pales­ti­niens de Cisjordanie.

Appuyé par les tra­vaillistes (13 élus), le Kadima a endossé les dis­po­si­tions de la confé­rence inter­na­tionale d’Annapolis (novembre 2007) qui sti­pulent l’avènement d’un Etat pales­tinien coexistant paci­fi­quement aux côtés d’Israël.

Conscient de la fra­gilité d’un gou­ver­nement composé avec l’extrême droite reli­gieuse et laïque, à la durée limitée, et d’éventuelles pres­sions de la nou­velle admi­nis­tration amé­ri­caine, M. Neta­nyahu devrait assouplir ses posi­tions, selon les médias.

Selon un de ses proches, M. Neta­nyahu pourrait pro­poser au Kadima un nombre équi­valent de por­te­feuilles minis­té­riels en lui confiant les Finances, ainsi que la diplo­matie ou la Défense.

Mme Livni a affirmé ces der­niers jours vouloir gagner l’opposition "pour incarner l’alternative" plutôt que de cau­tionner l’équipe Neta­nyahu. Mais son entourage la presse d’écouter ses pro­po­si­tions avant toute décision.

Le mandat de M. Neta­nyahu pour former le cabinet expire le 20 mars, et pourra être pro­longé jusqu’au 3 avril.