Israël : Abdallah Abu Rahmeh, un militant pales­tinien des droits de l’Homme pas­sible de prison

Karim Lebhour, jeudi 26 août 2010

Abdallah Abu Rahmeh du village de Bil’in a été reconnu cou­pable d’« inci­tation » et « mani­fes­tation illégale » et peut encourir une peine de deux ans de prison. Les auto­rités israé­liennes tentent depuis plu­sieurs mois de mettre fin à ce que les Pales­ti­niens appellent un mou­vement de « résis­tance paci­fique » contre le mur de sécurité qui empiète en ter­ri­toire palestinien.

Abdallah Abu Rahmeh, c’est vraiment l’un des piliers de la résis­tance pales­ti­nienne non vio­lente. Tous les ven­dredis à Bil’in, dans son village de Cis­jor­danie, il organise des mani­fes­ta­tions qui ont vu défiler Jimmy Carter, Desmond Tutu, ou même le petit-​​fils du Mahatma Gandhi.

Mais pour l’armée israé­lienne, ce sont des émeutes. Le tri­bunal mili­taire l’a reconnu cou­pable d’incitation et de mani­fes­tation illégale. C’est la pre­mière fois depuis la pre­mière intifada, à la fin des années 1980, que cette accu­sation est retenue.

Le procès a duré huit mois. Il marque l’intensification de la cam­pagne des auto­rités israé­liennes à l’encontre de ce mou­vement pales­tinien contre le mur. Une cen­taine de per­sonnes ont été arrêtées au cours de l’année écoulée.

Abdallah Abu Rahmeh est le premier à être condamné. Une condam­nation qui suscite beaucoup d’émotions et le cas Abu Rahmeh a notamment été suivi par de nom­breux consulats étrangers à Jérusalem.

Ce mercrdi 25 août, la chef de la diplo­matie euro­péenne, Catherine Ashton, a publié un com­mu­niqué dans lequel elle se dit inquiète du sort qui est fait à un homme qu’elle considère comme « un défenseur des droits de l’homme ».

La sen­tence à l’encontre d’Abdallah Abu Rahmeh doit être fixée le mois pro­chain. Il peut être condamné à une peine allant jusqu’à deux ans de prison.