Irak : Un nouvel espoir pour 3 000 réfugiés palestiniens

Irin, mardi 5 août 2008

Des réfugiés pales­ti­niens, coincés dans deux camps de fortune à la fron­tière syro-​​irakienne, vont peut-​​être pouvoir rentrer dans les régions où ils s’étaient établis en Irak, et se voir offrir la pro­tection des auto­rités ira­kiennes, a indiqué un haut diplomate pales­tinien, le 28 juillet.

« Le gou­ver­nement irakien et les auto­rités pales­ti­niennes sont en contact en vue d’assurer le rapa­triement de ces réfugiés soit dans leur région d’origine [en Irak], soit dans d’autres régions d’Irak, et de [leur] offrir une pro­tection et une aide huma­ni­taire », a déclaré à IRIN Dalil al-​​Qasous, chargé d’affaires pales­tinien à Bagdad.

Selon M. al-​​Qasous, les deux camps comptent quelque 3 000 réfugiés pales­ti­niens : environ 1 800 dans le camp d’al-Walid, du côté irakien de la fron­tière, et un millier à al-​​Tanf, dans un no man’s land situé entre l’Irak et la Syrie.

« Ces réfugiés conti­nuent de vivre dans une situation huma­ni­taire grave et subissent des souf­frances quo­ti­diennes, empirées par la chaleur de l’été, les tem­pêtes de sable et le manque de soins médicaux », a-​​t-​​il expliqué.

Selon M. el Qasous, la situation de sécurité s’est amé­liorée dans cer­taines régions d’Irak, « c’est pourquoi, nous envi­sa­geons de les réins­taller dans des zones sûres [en Irak] ».

Les réfugiés avaient déjà décliné une pro­po­sition de réins­tal­lation au Soudan, invo­quant des pré­oc­cu­pa­tions de sécurité.

À la recherche d’une solution durable

Dans un com­mu­niqué du 15 juillet, l’organisation Refugees Inter­na­tional, basée aux Etats-​​Unis, avait estimé que le relo­gement des réfugiés pales­ti­niens au Soudan n’était « pas une solution durable », et appelé le gou­ver­nement amé­ricain à les réins­taller de toute urgence.

« En relo­geant les réfugiés pales­ti­niens au Soudan, on n’offre pas à cette popu­lation le choix réel de se bâtir un foyer per­manent et stable ; on ne fait que les déplacer d’une situation mar­gi­na­lisée à une autre », a dit Kristele Younès, avocate prin­cipale à Refugees International.

« La plupart de ces gens ont peur d’aller au Soudan, surtout main­tenant que des plaintes ont été déposées à l’encontre du pré­sident sou­danais par la Cour pénale inter­na­tionale », a ajouté Mme Younès.

Quelque 34 000 Pales­ti­niens apa­trides vivaient en Irak, avant l’invasion du pays par une coa­lition menée par les Etats-​​Unis, en 2003 ; c’est à cette époque que les membres de cette com­mu­nauté ont com­mencé à être per­sé­cutés par des groupes armés qui les accu­saient d’être par­tisans du régime de Saddam Hussein.