Invasion israélienne à Naplouse - témoignages

Wajdi and Phalestine from Human Supporters, vendredi 18 janvier 2008

Mardi, 8 Janvier 2008 - Pourquoi les poubelles étaient-​​elles éventrées ?

Cela fait main­tenant deux jours que l’invasion a pris fin. Les inva­sions noc­turnes quo­ti­diennes ont donc repris nor­ma­lement leur cours. Hier fut une journée que chacun a consacré à visiter ses proches, à s’enquérir de la situation des un et des autres, à aider à réparer ou net­toyer. Aper­cevoir les mili­taires de mon immeuble des­cendre leurs pou­belles m’avait amusé mais il semble que beaucoup de Nablusi n’aient pas eu notre chance. Le sadisme dont les soldats ont fait preuve dépasse l’entendement. Une famille de 6 per­sonnes (un couple et leurs 4 enfants) habitant un immeuble voisin a été enfermée pendant les trois jours dans une seule pièce, ils ont été privés de nour­riture pendant que leurs occupant jetaient leur restes à leurs pieds, aucune ciga­rette ne leur a été auto­risée, il leur a fallu sup­plier pour chaque passage aux toi­lettes… Lorsqu’ils ont enfin été libérés, leur maison était cou­vertes de détritus, de débris de verres. Leurs toi­lettes étaient débor­dantes d’excréments et pour cause : elles avaient été bouchée sciemment à l’aide d’une ser­viette. Des his­toires comme celle-​​ci, lorsqu’on habite Naplouse, on en entend des dizaines, des cen­taines mais comme je n’ai pas grandit ici, il y a encore tant qu’il me reste à com­prendre. En ren­trant chez moi, samedi soir j’ai com­mencé à m’interroger sur ces fameuses pou­belles éven­trées en bas de chez moi. Pourquoi répandre de cette façon dans la rue des ordures qu’on a pris de temps de ramasser et de déposer dans des bennes ? Tout en me posant cette question, il me revenait en mémoire ces gamins qui tour­naient autour. J’ai finit par demander à Wajdi qui a confirmé mon intuition. "Pourquoi penses-​​tu qu’ils fouillaient dans ces pou­belles ?" m’a-t-il demandé, "je ne sais pas, par curiosité peut-​​être" me suis-​​je risquée, "ils fouillent dans les pou­belles parce qu’ils ont faim, ils cherchent des restes de sand­wichs ou de bis­cuits laissés". J’ai eu envie de vomir, de pleurer, de hurler. Ils vivent en face de chez moi ces petits. Comment ne m’en suis-​​je pas rendu-​​compte jusqu’à aujourd’hui ? Même en les voyant tourner autour des bennes, je n’ai pas compris. Devant mes yeux, il y avait des gosses crevant de faim et je n’ai pas vu. Je n’ai pas vu parce que c’est hors de mon enten­dement tout sim­plement. Alors comment puis-​​je vous l’expliquer ?

Der­rière les "chiffres offi­ciels" se cachent tel­lement d’histoires et tel­lement d’histoires ne sont pas inclues dans les chiffres officiels.


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6 janvier - Ils s’en vont !!!

Samedi, 5 janvier 2008 - Fin de l’invasion.… ou pas ?

Ce matin, T. et sa famille, ont fuit l’immeuble malgré le nombre encore supé­rieur de mili­taires et l’élargissement de la zone d’invasion. Wajdi les accom­pa­gnait. Il est revenu environ deux heures plus tard avec une équipe médicale. Ils étaient com­plè­tement épuisés et assoiffés. De jus­tesse, ils venaient de res­caper une femme et ses trois enfants. Une bombe lacry­mogène avait été lancée dans leur appar­tement, comme celui-​​ci est à moitié enterré, la fumée les avait encerclé en quelques secondes, les aveu­glant et les asphyxiant. De l’oxygène pour les enfants a suffit mais leur mère, qui est restée plus long­temps exposée, parce que les urgen­tistes ne par­ve­naient pas à la retrouver, est dans un état cri­tique. Le docteur de l’équipe, une jeune diplômée, a examiné ma belle mère. Ce fut un sou­la­gement pour nous car ces der­niers jours sa santé était pré­oc­cu­pante. Fina­lement c’est une simple réaction aller­gique, pro­ba­blement due aux gaz, qui avait déclenché un crise d’asthme. En attendant la fin de l’invasion un peu de ven­toline devrait la calmer. Il nous ont fournit les médi­ca­ments et du pain et sont repartis. Des fenêtres, des habi­tants les appe­laient, ils n’ont pu en secourir que quelques uns. Sur 9 familles qu’ils ont visités les 9 néces­si­taient des soins.

A 14h45, les soldats qui occu­paient l’appartement de T. ont com­mencé à des­cendre des dizaines de sacs et de cartons, j’en ai même vu des­cendre les pou­belles. Dix minutes plus tard, plus un bruit. En un instant nous ouvrons tous nos portes "ils sont partis ?" "ils sont partis !!" On enten­drait presque des youyous de vic­toires, les petits se ruent dehors, dévalent les esca­liers en hurlant. Les adultes ahuris sortent sur les paliers, demandent des nou­velles les uns aux autres. J’aperçois ma belle mère faire une prière que je sais être de remer­ciement. Mon beau-​​père entre dans l’appartement de T. "c’est vide", nous entrons tous. Un subtil parfum, mélange de merde, de gaz et de rance nous empoigne. Le spec­tacle est désolant. Je pense à ce que j’aurais res­sentit si j’avais retrouvé dans cet état notre appar­tement, notre chambre dont nous venons de finir la déco­ration. Petit à petit nous voyons les autres véhi­cules quitter notre rue puis notre quartier. Mon beau-​​père est inquiet pour son magasin, alors Wajdi et moi sortons pour aller constater les dégâts. Nous croisons beaucoup de gens en pyjamas venus s’enquérir de la santé de leurs proches, de l’état de leurs com­merces. Les rues sont cou­vertes de détritus, d’eau, de car­touches vides. L’odeur du gaz est si tenace qu’elle nous prend encore la gorge et nous brule les yeux.. De nom­breuses portes ont été explosées, la plupart des stores des magasins ont été détruits vomissant leurs mar­chan­dises. Une bonne étoile veille sur nous, le magasin de mon beau-​​père est intact. En moins d’une demie-​​heure, les ruelles de la vieille ville sont noires de monde. J’entends crier "Allah Ouakbar" et je vois défiler des dizaines de jeunes courant et applau­dissant. Wajdi m’indique qu’ils sont venu fêter la poignée de résis­tants qui ont survécu. Je n’aime pas ces mou­ve­ments de foules, je com­mence à m’interroger. Pourquoi l’armée israé­lienne a-​​t-​​elle quitté la ville en plein milieu de l’après midi et en quelques minutes ? Je suis prise de panique, c’est un piège j’en suis sure. Je veux rentrer.

De retour chez nous, nous trouvons les deux frères de Wajdi et sa soeur venus nous embrasser. Quelques minutes à peine s’écoulent et M. reçoit un coup de télé­phone de sa femme, restée chez eux dans les hau­teurs de la ville. Les soldats redes­cendent, deux de leurs voisins sont blessés.

C’était il y a une heure et demie. Main­tenant, Naplouse est de nouveau vide et silencieuse.


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les stores des magasins éventrés vomissent leurs marchandises

Samedi, 5 janvier 2008 - 46ème heure d’invasion

Comme prévu les parties de cartes ont du succès, surtout depuis que l’électricité à été coupée. Les pou­belles s’entassent, les enfants s’impatientent, les vivres dimi­nuent, ma belle mère est de plus en plus fatiguée, les ten­sions dues à la vie en com­mu­nauté et l’enfermement augmentent.

En clair : 34 ème heure d’invasion.

Aujourd’hui une quarantaine de blessés, le même nombre d’arrestations.

Enfin ne nous plai­gnons pas, nous béné­fi­cions d’un large choix de diver­tis­se­ments. Nous pro­fi­tions d’un très spécial "son et lumière", les feux de la rampe sont sur nous… Un pro­jecteur est braqué dans notre direction, il illumine toute la vieille ville. Entre ça, les fusées de détresse les divers fumi­gènes colorés et les dif­fé­rentes péta­rades com­prenant diverses sono­rités, rythmes et vibra­tions, on est au beau milieu d’un feu d’artifice . Comme en plus nous avons la chance d’être les voisins d’un "QG" semble-​​t-​​il, nous pro­fitons des allées et venues de toutes les bidasses du coin, parfois de leurs chiens, de leurs innom­brables cartons…

Ce spec­tacle n’est jamais sans pro­voquer de nom­breuses émotions chez nous : si les cartons montent "ils vont rester encore long­temps", si les cartons des­cendent "ils sont sur le point de partir". Quand un fourgon arrive, nous tré­pidons "il est venu tous les chercher", si quinze mili­taires en des­cendent "ils ramènent des ren­forts, ça sent pas bon". Comme nous les avons entendu planter des clous une bonne partie de la nuit, ça a nourrit nos polé­miques "ils doivent ins­taller leurs équi­pe­ments infor­ma­tiques", "ils peuvent tout contrôler d’ici, ils enre­gistrent les télé­phones", "ils ont des espèces de gros radar, je les ai vu !". Bien sur nous avons entretenu le sem­pi­ternel "mais combien ils sont là dedans ?" car leur décompte à le grand intérêt de nous occuper. Vrai­sem­bla­blement, alors qu’ils étaient une petite dizaine hier matin ils sont environs une tren­taine maintenant.

Le scé­nario est bien rodé, il est le même que celui d’El Ain il y a quelques semaines, je reconnais les mêmes étapes. Quelques nuances seulement, les maisons de la vieille ville étant toutes plus ou moins collées les unes aux autres, cer­taines familles se retrouvent né à né avec des soldats venus du ciel. En tous cas venant d’un autre monde, un monde où on a aucune pitié, où on empêche les ambu­lances de venir chercher les blessés, où les mères doivent sup­plier pour récu­pérer les biberons de leurs bébés, où on refuse aux familles de s’enfuir. "Ça", c’est ce que mes yeux ont constatés en restant chez moi, alors ce qui se passe ailleurs…

Notre matinée à été consacrée aux négo­cia­tions consistant à récu­pérer les médi­ca­ments de la petite der­nière de T. (notre voisin réfugié chez nous), les biberons, les couches. T. voulait partir se réfugier chez ses parents, mais sa carte d’identité était aussi captive que son appar­tement. Chacun notre tour, nous avons essayé de l’obtenir. Ma ten­tative fut assez comique. J’ai com­mencé par me recoiffer et me brosser les dents "tu ne veux quand même pas essayer de les draguer ?" me demande Wajdi, "mais non, mais ça peut jouer…". Bon, j’allume une ciga­rette pour contenir ma ner­vosité, une seconde, je prépare mon plai­doyer, fume une troi­sième ciga­rette et je sors. J’appuie sur la son­nette, pas de réponse, j’appuie à nouveau et j’attends. Wajdi ouvre notre porte : "- tu as sonné ?
- oui
- il n’y a pas d’électricité, ils ne risquent pas de t’entendre !" Je frappe, quelques secondes plus tard un soldat qui n’ouvre même pas me demande qui je suis : "-je suis la voisine, je, je… (je perds mon anglais) je vou­drais récu­pérer la carte d’identité du loca­taire de cet appar­tement, parce que…
- plus tard
- c’est parce qu’avec sa femme et ses trois enfants, ça devient un peu serré chez nous, alors ça nous aiderait
- …
- il y a quelqu’un ?
- …"

Fina­lement en début de soirée, ils nous l’ont rendu en même temps que l’électricité. Mais de toutes façons il était trop tard pour essayer de partir, du coup nous sommes encore 9 dans un F3 pour la nuit.

L’avantage de vivre avec Wajdi et sa famille, c’est qu’ils ont l’habitude. Tout est prévu pour les cas d’urgence : un sac de 10 kilos de farine, un de riz, deux bou­teilles de gaz d’avance, de l’eau, des ciga­rettes, des bis­cuits secs. Force est de constater que ça nous a été bien utile aujourd’hui, comme par hasard la bou­teille de gaz du réchaud et celle du chauffage se sont trouvées vides en même temps. Nous n’avions plus de pain (base de l’alimentation), alors la maman de Wajdi s’est mise aux four­neaux ce matin : du pain et du zaatar et le petit déjeuner était prêt pour tout le monde ! Dans l’après-midi un groupe d’urgentistes est venu nous apporter du pain et vérifier si nous nous por­tions bien. Ça m’a donné une impression bizare, il y a quelques semaines j’étais à leur place. Je pourrais aussi être à la place de T., ils occupent son appar­tement, ça aurait pu être le mien.

Il faut dire que mon voisin n’a pas tel­lement de chance. Le mois dernier, il a fait importer de Chine tout un ensemble de com­po­sants élec­tro­niques pour son com­merce de télé­phones por­tables. Depuis prêt de 30 jours le conté­naire est bloqué aux douanes por­tuaires car il a été déclaré non-​​conforme. Pour chaque journée, l’espace qu’il "loue" pour ses pro­duits lui coûte 400 euros et natu­rel­lement ils refusent de ren­voyer le paquet.

Obtenir un salaire relève presque du miracle ici, qu’on soit com­merçant, artisan, agri­culteur ou qu’on tra­vaille dans l’administration il y a tou­jours quelque chose : les douanes, les check-​​points, les inva­sions, les réqui­si­tions, les aléas des sou­tiens écono­miques extérieurs.

Peu avant l’Aid, le frère de Wajdi qui fabrique des meubles d’intérieur, a reçu une com­mande d’un salon de huit places. C’était inespéré, depuis des semaines il n’avait rien vendu, alors pendant une semaine il a tra­vaillé sans relâche. Le jour de la livraison, après avoir attendu des heures au check point d’Howara, il s’est vu refuser le passage "les livraisons de mar­chan­dises sont désormais inter­dites ici". Il a rebroussé chemin, il a fait un détour et est passé par un autre check point. Quelques minutes avant d’arriver à des­ti­nation il a été stoppé à nouveau : "vous ne pouvez pas aller plus loin, des collons attaquent les vil­la­geois" "nous vous inter­disons l’accès pour votre sécurité". La location du camion et l’essence une journée de plus lui sont revenus à 800 she­ckels, la marge qu’il aurait du gagner.

Je ne com­prends même pas l’intérêt stra­té­gique de ces inva­sions. Qu’ils se ras­surent, ici on crève déjà.


Jeudi, 3 janvier 2008 - 14 heures d’invasion

Wajdi est fina­lement rentré, non sans dif­fi­culté vers 17 heures. Impos­sible d’accéder à quelque maison que ce soit. Il a échappé à plu­sieurs reprises aux soldats qui n’hésitent pas à tirer sur n’importe quelle per­sonne se trouvant sur leur chemin : jour­na­listes, ambu­lances, urgen­tistes… Tous à la même enseigne, la seule conver­sation pos­sible se résume à "dégage" et immé­dia­tement après inter­vient un autre niveau de langage qui est celui du M16. Il existe une alter­native qui consiste à réduire le temps de parole "vocal". Wajdi qui a pourtant une triste habitude de ces situa­tions trop souvent répétées, est décomposé : jamais la vio­lence des mili­taires n’a été aussi crue. La recrue de la nou­velle année 2008 promet d’être savou­reuse. Une quin­zaine de soldats se trouvent tou­jours postés dans l’appartement voisin et sur le toit et un véhicule blindé bloque l’entrée de l’immeuble. Notre voisin, sa femme et ses enfants sont venus se réfugier chez nous pour la nuit. L’armée les avaient envoyés dans l’appartement d’en face, mais il n’y avait pas assez de place pour tout le monde.

La tra­versée de quelques secondes c’est révélée être une vraie opé­ration com­mando. Par télé­phone nous nous mettons d’accord, nous guettons les bruits un moment, sur­veillons les allées et venues des mili­taires par la fenêtre, par le judas de la porte. Il y a approxi­ma­ti­vement 5 ou 6 mètres entre notre porte et celle d’où ils vont sortir. Pre­mière ten­tative : ouverture des portes le plus dis­crè­tement pos­sible, le son de pas de bottes résonne dans les esca­liers, on referme juste à temps. Quelques minutes plus tard la seconde ten­tative est la bonne. Je ne suis pas per­suadée que nos occu­pants appré­cieront cette affec­tation logis­tique s’ils s’en aper­çoivent, mais bon. Toute la journée mes beaux-​​parents et moi avons fait les 100 pas, les oreilles aux aguets, un oeil sur la télé qui donnait quelques images et des infor­ma­tions sur la situation en direct, l’autre oeil par la fenêtre ou devant le judas. Au moins main­tenant on va avoir de l’animation avec les gosses qu’il va falloir occuper, je pressens beaucoup de dessins animés et de longues parties de cartes pour les adultes.


Jeudi, 3 janvier 2008 - Aujourd’hui jeudi 3 janvier, vieille ville de Naplouse, 13 heures

Il est 13 heures, jeudi 3 janvier, nous sommes sous couvre feux et Wajdi est dehors muni d’un sac remplit de matériel médical pour seule pro­tection. Les explo­sions ont com­mencé à retentir vers 2 heures dans la nuit, mais cela n’avait rien d’exceptionnel, c’est disons une coutume noc­turne régu­lière. Vers 6 h 30 les soldats ont pénétrés dans notre immeuble, ils sont montés sur le toit et ont investit l’appartement de notre voisin. Les micro­phones des véhi­cules mili­taires hur­laient : couvre-​​feux, nul n’est autorisé à sortir de chez lui. Depuis les explo­sions n’ont pas cessé, des coups de mitraillettes, tirs de gaz, des explo­sions sourdes ou des grêlons fumant résonnent sur notre immeuble. On hésite a laisser les fenêtres ouvertes pour éviter l’implosion des vitres ou les fermer pour échapper au gaz. La télé­vision locale a annoncé l’explosion d’un immeuble ce matin. 15 minutes plus tôt Wajdi est sortit frapper chez notre voisin pour vérifier sa santé et celle de sa famille, par la fenêtre je l’ai vu s’engouffrer ensuite dans le laby­rinthe de la vieille ville. C’est ce matin que j’aurai du obtenir la réponse pour mon visa et récu­pérer mon pas­seport, pour le moment je n’ai aucun papier d’identité c’est pour cette raison que je n’accompagne pas Wajdi. Le sac contenant tout ce que nous pos­sédons de pré­cieux c’est à dire nos deux ordi­na­teurs, l’appareil photo de l’association et 250 she­ckels est prêt, je le gar­derai avec moi s’ils entrent. J’écris vite parce que je vou­drais envoyer cet email main­tenant mais qu’à tout moment notre appar­tement peut être envahit. A l’instant quelqu’un à frappé à notre porte, mon beau-​​père à ouvert, per­sonne. Fausse alerte mais je suis trem­blante. J’ai promis à Wajdi de l’appeler si les soldats arrivent chez nous, mais cet incident me prouve que ce sera impos­sible. Les portes de notre voisin grince, il y a du mou­vement à côté.